À cheval entre la tradition et la modernité, la formation La Patente fraîchement débarquée sur la scène musicale acadienne dévoile son tout premier projet L’illusion d’la perfection. Une œuvre coup-de-poing qui propose 11 chansons pleines de vérités.

La Patente c’est quatre musiciens expérimentés originaires du Madawaska, établis à Fredericton, qui ont eu envie de se regrouper d’abord et avant tout pour le plaisir de la musique. En écoutant leur premier disque, on pense notamment à des artistes comme Canailles, Plume Latraverse, Lisa LeBlanc, Thomé Young, les Colocs.

Leurs influences musicales sont multiples, allant du country au blues en passant par le cajun, le rock et même le punk, donnant ainsi un folk relevé et rafraîchissant avec le banjo bien en évidence.

«Dans le fond, c’est un peu tout ce que j’ai écouté dans ma vie qui se reflète là-dedans surtout la musique anglaise. Je suis un gros fan de Bob Dylan, du vieux blues, du delta blues, du vieux country comme Hank Williams. Je pense que ça se retrouve là-dedans», a expliqué le chanteur principal du groupe et guitariste Marc Colecchio qui compose la plupart des paroles et des mélodies.

Les textes assez critiques, sombres, bien que la musique soit festive, traitent de l’homme ordinaire et de ses démons. L’amour, l’argent, la misère, l’alcool et le travail figurent parmi les thèmes abordés. Aux histoires de vie personnelles, viennent se greffer des textes plus engagés qui dénoncent la surconsommation, le capitalisme, les injustices tout en mettant en relief des enjeux de société. Ce sont des histoires de vie livrées dans une langue parfois crue.

«C’est pas nécessairement personnel, mais je suis un conteux d’histoire et je vais me mettre dans la peau de quelqu’un, ça peut être dans la peau d’un alcoolique ou de quelqu’un d’autre. À partir de là, j’essaie de m’imaginer des histoires. Il y a des chansons qui sont un peu plus engagées, mais ce n’est pas vraiment la norme sur l’album.»

On retrouve, entre autres, une pièce sur l’histoire d’un contrebandier d’alcool. Marc Colecchio raconte avoir été inspiré par ses grands-parents qui «smugglaient» non pas de l’alcool, mais de la margarine à l’époque où la vente de ce substitut du beurre était interdite au pays. Le groupe livre ses chansons d’une manière authentique, en nous jetant certaines vérités en plein visage, sans filtre.

«Je ne me mets pas de barrière puis je vais essayer de chanter la chanson comme je vais parler à mes chums. Je n’essaie pas de faire plaisir à personne, je vais juste le faire à ma manière et ça se peut que ça sorte parfois cru.»

Les quatre musiciens se voient un peu comme des «patenteux» de chansons, sans prétention, d’où le nom du groupe.

«On essaie de garder ça le plus vrai possible, le plus naturel aussi avec des instruments plus acoustiques. On va entendre un peu de guitare électrique et de synthétiseur, mais plus en arrière-plan.»

Le guitariste et bassiste souligne qu’il est devenu le chanteur principal du groupe, un peu malgré lui. C’est que les chanteurs français ne courent pas les rues à Fredericton, soulève-t-il.

Dénoncer les injustices

Certaines chansons ont été composées sous le coup de la colère, confie l’auteur-compositeur-interprète. Dès l’ouverture de l’album, la pièce Bienvenue sur terre qui parle notamment de l’illusion d’la perfection donne le ton à l’ensemble du projet. «Les grandes corporations s’remplissent les poches chaque seconde / Pendant c’temps-là un autre enfant meurt dans l’tiers monde / Un d’plus ou un d’moins, ça leur fait pas un pli s’a bedaine / Parce l’important c’est l’rendement semestriel… »

La formation regroupe aussi les musiciens Mathieu Émond, Marc-André Godin et Jeremy Ouellette. Sur le disque, c’est Chad Richie qui joue la batterie. Leur premier album a été enregistré au studio de Mathieu Émond.

«Nous autres, on se rencontre chaque semaine et on a du fun à faire ça. C’est pas pour faire des millions qu’on fait ça, c’est juste pour le plaisir de jouer. Si ça marche tant mieux, si ça ne marche pas, on va continuer à jouer pareil. C’est ben rare que la musique, ça paie les bills», a-t-il ajouté.

L’album sort sur toutes les plateformes ce jeudi. Ce sera aussi une première sur scène pour La Patente qui présentera ses nouvelles chansons devant public. Des spectacles de lancement sont prévus ce jeudi 25 novembre à 19h au Cafétorium de l’École des Bâtisseurs à Fredericton, le 3 décembre à 18h à la brasserie artisanale Happy à Moncton et le 4 décembre à 20h au Centre des arts d’Edmundston.

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