L’artisane Marcia Poirier de Cocagne sculpte des bijoux à partir des coquilles de palourdes.

Une bonne journée, elle se trouvait à Pointe-du-Chêne, près de Shediac, et quelqu’un avait versé sur le bord de l’eau une bonne centaine de livres de palourdes provenant d’un bateau. «J’ai ramassé une coquille et je me suis aperçue qu’elle avait la forme d’un cœur», explique l’artisane.

Ce premier cœur trouvé, elle l’a conservé. «Il était laid comme le diable, mais c’est quelque chose qui était différent», raconte-t-elle. Ce fameux cœur piquait la curiosité de son entourage, qui se demandait ce que c’était. «C’est de même que ça a commencé», informe-t-elle.

Depuis une bonne vingtaine d’années, elle persévère dans ce type d’art plutôt particulier, car il est nouveau et à la fois ancien. «Ça se trouve être un métier perdu qui appartient aux autochtones», explique Marcia Poirier.

Lors d’une visite au marché des fermiers à Moncton, la résidente de Cocagne a appris que son art s’appelait le wampum. Selon le ministère des Affaires autochtones du Nouveau-Brunswick, beaucoup de nations autochtones du nord-est du continent utilisaient les wampums pour consigner et envoyer des messages. Le wampum était confectionné au moyen de perles violettes et blanches taillées dans la nacre des coquilles de palourdes.

«C’était la première monnaie d’échange de l’Amérique de Nord. L’histoire à ce sujet est très profonde, surtout autour de la Nouvelle-Angleterre», ajoute l’artisane.

Marcia Poirier fabrique toutes sortes de bijoux sculptés à la main à partir de la coquille de palourde. – Gracieuseté

«Ça fait longtemps que je parle de ça, car je suis une avocate pour la palourde, lance Marcia Poirier. Je trouve la coquille assez belle! Il y a amplement de belles coquilles ici pour faire des bijoux.» Selon elle, la palourde est la ressource naturelle la plus négligée dans les Maritimes. «Il y a de l’aquaculture pour les moules et les huîtres, mais ça prend trop de temps pour une palourde à devenir adulte.»

D’après la sculptrice de bijoux, la coquille de palourde est plus dure et plus épaisse. Celle-ci peut vivre jusqu’à 700 ans. «Les couleurs des palourdes sont fantastiques. C’est complètement la coquille qui est la vedette ici», dit-elle.

«Je suis Acadienne avec des racines autochtones, mais je suis une blonde avec des yeux bleus, dit-elle en riant. Quand j’ai su que c’était un métier autochtone, j’étais excitée et je suis tombée en amour.»

Elle fabrique toutes sortes de bijoux sculptés à la main à partir de la coquille de palourde, que ce soit des boucles d’oreilles, des colliers, pendentifs, bracelets et différentes autres créations.

«Je peux faire n’importe quoi. J’adore ça! ajoute-t-elle. La meilleure partie de mon travail, c’est lorsque je sculpte la coquille.»

C’est toutefois beaucoup d’heures de travail.

– Gracieuseté

Elle achète sa matière première directement aux pêcheurs, car elle a besoin de coquilles d’une certaine grandeur et épaisseur. Avis aux intéressés: «Maintenant, je suis devenue allergique et je ne peux plus en manger. Je donne la viande à n’importe qui qui veut m’aider à les ouvrir.»

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