Le trompettiste Roland Bourgeois entame l’année avec un nouvel album, Canadian Horizons. Ce magnifique opus réalisé avec deux éminents musiciens de jazz de Vancouver marque ainsi un accomplissement pour l’artiste de Dieppe qui doit s’adapter à une nouvelle réalité, celle d’une maladie rare du cerveau qui affecte, entre autres, sa motricité.

Bien connu sur la scène musicale des Maritimes, l’enseignant de musique à la retraite, qui a oeuvré au sein de différentes formations jazz, a appris récemment qu’il était atteint d’une dégénérescence corticobasale (une maladie rare dont les symptômes peuvent parfois être confondus avec la maladie de Parkinson).

Sa nouvelle condition l’a poussé à trouver des solutions de rechange pour poursuivre sa pratique musicale. Il s’est tourné notamment vers le bugle (cornet à pistons), un instrument qui ressemble à la trompette, faisant aussi partie de la famille des cuivres. Sa maladie lui cause de la lenteur et de la rigidité musculaire, son bras droit étant presque paralysé, confie-t-il.

«Je réussis à tenir les instruments avec ma main droite puis je joue avec la main gauche. C’est surtout la condition que j’ai qui ralentit les choses comme mon parler aussi, donc ça se transpose un peu dans ma façon de jouer», a-t-il expliqué.

La musique occupe toujours une grande place dans sa vie. Canadian Horizons est son troisième album. Un projet qu’il a concocté avec le multi-instrumentiste de renom Miles Black et le compositeur David Rehorick qui en est le producteur. Cette nouvelle collection rassemble 11 pièces originales, dont trois œuvres composées par l’artiste de Dieppe. Cette collaboration est née d’une amitié de longue date.

Le trompettiste a connu David Rehorick en 1980 pendant qu’il enseignait à l’Université du Nouveau-Brunswick. Roland Bourgeois joue d’ailleurs un solo sur une des pièces de son album Just One Moment. David Rehorick et Miles Black qui ont collaboré à plusieurs projets ensemble ont invité le musicien acadien à se joindre à eux pour créer cet album collectif. Il avait déjà vu Miles Black en spectacle, mais il ne le connaissait pas personnellement avant d’embarquer dans cette nouvelle aventure musicale.

«Ç’a été absolument fantastique. Ça m’a fait un projet important dans ma vie. Miles Black est un musicien accompli et fantastique. Il joue du piano, de la basse, de la guitare, de la flûte et les saxophones. C’est vraiment un multi-instrumentiste.»

Sur ce disque, le musicien acadien joue de la trompette en sourdine et du bugle. Créant un pont entre la côte Atlantique et le Pacifique, la production de cet enregistrement s’est faite à distance et les discussions se sont déroulées par vidéoconférence. Chacun de leur côté, ils ont réalisé leurs parties pour ensuite se les partager par fichiers numériques.

«En fait, Miles m’envoyait une partie de piano ou de guitare basse ou juste la basse ou d’autres instruments qu’il jouait et là, je prenais mon temps pour enregistrer ma partie puis il a fait le mixage.»

Histoires touchantes

Le musicien a puisé son inspiration dans différentes histoires qui l’ont particulièrement touché pour composer ses pièces. Parmi elles, L’isolement d’Angela, qui a été inspirée par sa mère qui vivait dans un foyer de soins au début de la pandémie.

«Avant qu’elle décède, elle était dans un foyer, mais nous n’avions pas le droit de la visiter à cause de la COVID-19 puis j’imaginais comment elle se sentait malgré qu’elle était tout le temps de bonne humeur pareil.»

L’album s’ouvre sur une autre de ses pièces, Ellen, et on retrouve aussi dans cette collection sa plus récente composition, Les voiles du voilier. Cette œuvre cherche à transmettre le sentiment de légèreté que l’on peut éprouver quand on regarde un voilier sur la mer par une journée ensoleillée. La photographie qui figure sur la pochette est l’oeuvre de l’artiste acadien.

«Je suis tellement content, j’ai vraiment eu une chance de faire ce beau projet.»

Arrangeur, musicien, compositeur, Mike Black, qui possède plus de 40 ans d’expérience professionnelle, a collaboré à l’enregistrement de centaines d’albums. David Rehorick qui a oeuvré comme professeur et chercheur pendant 50 ans a réalisé trois albums.

Même si depuis deux ans, Roland Bourgeois n’est pas monté sur scène, il travaille sur deux projets d’albums, dont un qui a été enregistré avant la pandémie. Il n’est toujours pas paru. C’est à cette époque, raconte-t-il, qu’il s’est aperçu que sa main droite commençait à fonctionner au ralenti. La pandémie est venue aussi lui mettre des bâtons dans les roues et il espère pouvoir sortir ce disque bientôt. Il travaille aussi à la réalisation d’un album de Noël qui aura une couleur internationale.

L’album Canadian Horizons est disponible sur différentes plateformes numériques.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle