Ne cherchez pas, le village d’Hartog n’existe pas réellement. Il s’agit plutôt d’une destination de rêve imaginée par André Ouellon dans son quatrième roman; une oeuvre qui suit l’expédition existentielle de deux personnages en Amérique du Sud.

Loin d’être un récit touristique, Le voyage à Hartog se veut plutôt un périple intérieur, inspiré par la trajectoire de la vie, forgé de souvenirs, de remises en question, de rencontres et d’espoir. L’auteur de Campbellton qui signe son sixième livre explique que Le voyage à Hartog pourrait être la suite de son premier roman d’amour Le vol de l’albatros publié en 2000. Si l’amour n’est pas le centre de ce nouvel ouvrage de fiction, il reste que les relations amoureuses y sont très présentes.

«C’est presque la suite du Vol de l’albatros, 20 ans plus tard. Les noms des personnages ont changé, mais c’est un peu les mêmes», a expliqué l’auteur en entrevue.

Ce roman raconte l’expédition de Peter et Annabelle sur les routes de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud. Ensemble, ils partent à la recherche d’une contrée de rêve qui les mènera à replonger dans leurs souvenirs, leurs histoires d’amour, d’amitié et leur vie professionnelle.

C’est aussi un voyage semé de rencontres étonnantes. Tout au long de leur périple, ils prennent le temps de faire des détours, de s’arrêter pour profiter des lieux, des rencontres qu’ils font et des conversations sur la vie. L’aventure humaine, la politique, l’amour, la mort, le pouvoir, les ambitions professionnelles, le succès figurent parmi les thèmes abordés dans ce livre.

«Un thème qui revient de livre en livre est la survie de l’individu en tant qu’entité distincte face aux pouvoirs dominants», souligne-t-il.
L’auteur fait aussi un parallèle avec le Nouveau-Brunswick où de petites localités seront bientôt englobées dans de plus grandes agglomérations. Un roman dense qui emprunte des chemins inattendus ouvrant sur plusieurs réflexions.

Comment les rencontres et les expériences de vie peuvent-elles changer nos trajectoires? Une question qui demeure centrale dans ce roman.

«C’est ça la richesse de la vie. Demain est un peu différent d’aujourd’hui. À la fin du livre, Annabelle dit on ne change pas toute notre vie à la suite d’une expérience, mais le fait de vivre un certain dépaysement nous fait remettre en question quand même des certitudes. On s’aperçoit avec le temps que les certitudes ne sont pas toujours des certitudes. Parfois on les défend par orgueil ou par paresse, mais quand on se met au pied du mur, les certitudes sont plus fragiles parfois.»

De l’immobilier à l’écriture…

L’écriture est venue un peu tard dans la vie d’André Ouellon qui a un parcours assez atypique. Le Gaspésien d’origine a travaillé pendant plusieurs années dans le domaine de l’immobilier et de la construction, avant de publier son premier ouvrage. À certains égards, il compare le travail d’écriture à celui du monde de la construction même s’il s’agit de deux univers complètement différents.

«En construction, avec un paquet de matériaux, on finit par faire un produit final qui a du bon sens et avec un paquet de mots, parfois on finit par faire un travail qui est acceptable, lisible et compréhensible.»

Ses nombreuses rencontres lui ont permis d’observer que souvent les gens se referment et gardent leurs émotions à l’intérieur d’eux-mêmes. Son nouveau roman repose un peu sur cette observation. En sortant les personnages de leur quotidien et en les faisant voyager dans un territoire inconnu, la communication peut être facilitée.

«C’est pour ça aussi que le voyage autant que possible se déroule dans des milieux modestes. Je n’ai pas de politicien, pas de président de pays, pas de millionnaire. […] C’est une des philosophies de Peter. La vérité est plus près de la base que du sommet.»

L’auteur assure que ce ne sont pas nécessairement ses valeurs ou sa vision du monde qu’il véhicule dans ce roman, se laissant plutôt guider par ses personnages qui prennent différentes tangentes.

«Qu’on le veuille ou pas, suite à nos conversations avec les gens, on prend des tangentes. On peut se coucher le soir avec mille idées qu’on n’avait pas le matin, seulement suite à une conversation avec quelqu’un qu’on a eue.»

Le voyage de Peter et Annabelle se déroule dans plusieurs pays (Mexique, Pérou et Colombie), dans des lieux reculés, voire isolés, loin des itinéraires touristiques. Les endroits ne sont pas souvent nommés. Ils ont peu d’importance dans le récit, mentionne l’auteur. «Ce n’est pas le but du voyage.»

Au fil du récit, le romancier insère certains indices laissant présager un dénouement. «C’est comme planter une graine, l’arroser un peu au cours du moment et à la fin ça éclos.» Le personnage principal se pose plusieurs questions sur l’aventure humaine.

«C’est un peu notre vie à tous, je veux dire du berceau à la tombe, on est mené par un paquet de lois, mais la destination réelle on ne la connaît pas puis, malgré tout, on fait des enfants et on continue le jeu. Il faut être brave quand même ou inconséquent.»

Pour l’anecdote, il existe une île australienne appelée Dirk Hartog dans l’Océan Indien, classée au patrimoine mondial de l’humanité. Au moment d’écrire ce roman, l’auteur ne savait pas qu’une telle île existait. Le voyage à Hartog vient d’être publié aux Éditions La Grande Marée. André Ouellon a aussi publié, entre autres, le recueil de nouvelles 1427, rue Cathart et le roman Miguel Massarui.

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