Ce sont des préposés aux soins, des infirmières, des commis d’épicerie, des caissiers, des camionneurs… Les immigrants francophones occupent plusieurs postes essentiels dans la société néo-brunswickoise. Le photographe documentaire, David Champagne, de Maisonnette, a parcouru la province afin de capter en images ces travailleurs.

Cette collection exposée au Centre des arts et de la culture de Dieppe et sur le web permet de mieux comprendre le rôle des immigrants francophones au Nouveau-Brunswick.

De concert avec Sara Azhari du Réseau en immigration francophone du Nouveau-Brunswick (RIFNB), David Champagne a entrepris en 2020 ce projet intitulé Héros de l’immigration. Lors du premier confinement en mars, celui qui fait partie du collectif photo Hors d’État avait décidé de réaliser un portrait par jour. Il photographiait alors des travailleurs essentiels de sa région souvent à travers une fenêtre.

«Je me suis dit que ce serait bon de rendre hommage à ces gens-là qui continuaient de travailler même pendant le confinement. Dans ce temps-là, on ne savait pas trop ce qui allait se passer. C’est là qu’on a réalisé que tous ces employés des services essentiels qui travaillent souvent au salaire minimum continuaient de travailler et c’est souvent des femmes qui occupent ces emplois-là.»

En voyant les images partagées sur les réseaux sociaux, Sara Azhari a contacté le photographe afin de réaliser un projet semblable en ciblant les travailleurs immigrants qui occupent des emplois essentiels dans la province. David Champagne précise que la recherche a été menée par Sara Azhari qui a mis en œuvre le projet. Celle-ci a recruté des gens à travers son réseau de contacts et des organismes d’aide aux nouveaux immigrants. Le photographe a fait le tour de plusieurs régions de la province pour mener à bien le projet. Il a réalisé plus d’une vingtaine de photographies de travailleurs tels que des commis d’épicerie, des infirmières, des préposés aux bénéficiaires, des caissiers dans les commerces de détail, une couturière et un camionneur.

Deux oeuvres de la collection Héros de l’immigration de David Champagne. – Acadie Nouvelle: Sylvie Mousseau

«Comme j’habite à Maisonnette, il y a moins de minorités visibles dans mon coin.»

«Je m’intéresse beaucoup à l’immigration depuis un certain temps et on découvre qu’il y a des gens qui font beaucoup de sacrifices pour arriver ici, très loin de leur pays, et avoir de meilleures conditions de vie au final. Souvent, ils ne quittent pas nécessairement par choix. Ils arrivent ici et travaillent avec une autre communauté.»

Parallèlement à la collection de photographies, des vidéos ont été tournées par Sara Azhari afin de permettre aux travailleurs de témoigner de leurs parcours. Quelques citations tirées de leurs témoignages accompagnent les photographies. David Champagne a voulu d’abord mettre en relief l’humain derrière le métier.

«Ce sont vraiment des portraits donc il fallait que le visage soit quand même en avant-plan et que l’accent soit mis sur le regard et la personne. En plus, ça n’a pas tout le temps été possible d’aller sur les lieux de travail à cause de la pandémie sinon j’aurais inclus un peu de leur environnement.»

Le projet documentaire qui se continue comprend un deuxième volet. Cette fois, le photographe braque son objectif sur les entrepreneurs immigrants. Le but de ce vaste projet est d’offrir un portrait de la population immigrante francophone dans la province.

Après Dieppe, Héros de l’immigration sera exposé au Centre communautaire Sainte-Anne à Fredericton à compter de la mi-février. L’exposition peut être visionnée sur le site web du RIFNB. Avec le retour du confinement, les centres culturels doivent fermer leurs portes au public pour les deux prochaines semaines.

Les paysages

Établi dans la Péninsule acadienne depuis 2015, David Champagne travaille dans le domaine de la photographie documentaire depuis plusieurs années. Il a développé une deuxième facette à sa pratique en créant des photomontages construits avec des images issues de ses collections documentaires.

Le photographe David Champagne de Maisonnette. – Gracieuseté

«Je me suis toujours intéressée aux humains, aux paysages et à ce qui m’entoure. Je trouve que le documentaire est comme un témoin d’une certaine époque.»

Il a présenté récemment l’exposition Étrange janvier insulaire à la galerie du Théâtre Capitol à Moncton. Ses photomontages ont été créés à partir de photographies prises dans le village de Sainte-Marie-Saint-Raphaël, sur l’île Lamèque, pendant deux semaines en hiver.

Avec son collectif qui comprend huit photographes documentaires principalement établis au Québec, il travaille à la création d’une publication qui devrait paraître au printemps.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle