À la fois drôle et triste, la pièce Les meilleurs frères a été accueillie chaleureusement par le public lors de la première à Moncton. Cette œuvre de Daniel MacIvor, traduite en français par Jean-Philippe Raîche, met en relief la relation trouble entre deux frères en deuil.

Présentée en première au théâtre l’Escaouette, vendredi, devant un peu plus d’une centaine de personnes, Les meilleurs frères explore les sujets universels du deuil, de la mémoire et des relations fraternelles. Dans une mise en scène de Martine Beaulne, cette comédie douce-amère incarnée par Tony Murray et Éric Butler a été saluée par une ovation.

«Je crois que ç’a touché quelque chose dans lequel tout monde peut se retrouver. Tout le monde passe à travers une perte que ce soit un ami, la famille et on dirait que spécialement la connexion avec le chien, ça fait vraiment penser à comment on essaie de garder la mémoire de quelqu’un vivante tout le temps», a exprimé une spectatrice, Lilianne Cormier, à l’issue de la représentation.

«Je pense que ça démontre quelque chose de vrai. C’était facile de se retrouver dans les caractéristiques des deux personnages», a mentionné une autre spectatrice, Anakim Béland-Rahm.

Cette œuvre de l’auteur du Cap- Breton, Daniel MacIvor, raconte l’histoire de Hamilton et Kyle, deux frères qui se retrouvent après le décès accidentel de leur mère Ardith «Bunny» Meilleur. Elle est morte écrasée par une drag queen lors d’une parade de la fierté LGBTQ2+. Les deux frères aux personnalités contrastées qui nourrissent une certaine rivalité doivent préparer les funérailles ensemble (avis de décès, éloge funèbre…) et gérer les affaires de leur mère. Que feront-ils de son chien Enzo auquel elle était immensément  attachée? Les deux frères n’ont pas tout à fait la même vision des choses. Des souvenirs remontent à la surface et chacun a sa perception des événements du passé. Arriveront-ils à réconcilier leurs différends?

«Ça m’a fait penser un peu à mes propres expériences. Ça m’a ramené un peu en arrière quelques années passées quand ma grand-mère est décédée et comment ça avait affecté ma mère et sa sœur. Ç’a été un voyage à travers mes souvenirs. C’est un auteur dont j’aime bien les mots et je trouve que ç’a bien été monté sur scène», a affirmé Zacharie Cassista Landry, étudiant en art dramatique.

De beaux moments

La pièce met en scène quatre personnages: les deux frères, la mère et Enzo. Le spectacle qui se déploie en plusieurs tableaux, conjuguant dialogues et monologues, propose quelques moments qui font sourire sans pour autant aller dans la grosse comédie hilarante. Dans certaines scènes, l’un ou l’autre des comédiens personnifie la mère, donnant ainsi des passages absolument savoureux. Tout en étant moderne, cette pièce s’inscrit dans une forme de théâtre accessible.

Une belle chimie s’installe entre les deux comédiens qui dans la vie sont aussi des amis.

«On croirait qu’ils sont frères dans la vraie vie et c’est jouissif pour un spectateur de pouvoir être témoin d’un amour comme ça. […]. Avec le deuil, il y a toujours quelque chose qui se modifie. On n’a pas le choix de retrouver ceux que ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu et aussi comment on gère les legs. C’était beau à voir», a souligné un spectateur, Jacques-André Lévesque.

Appuyé par des éclairages ingénieux, le décor fait de portes tournantes et coulissantes permet de traverser d’un tableau à l’autre.

«Une chose qui m’a vraiment frappé, ce sont les éclairages et la précision des choses et comment c’est bien fait», note Anakim Béland-Rahm.

Le texte étoffé et sensible, jouant entre la comédie et la tragédie, comprend différents registres de langue. Le traducteur Jean-Philippe Raîche convient que la tâche n’a pas été facile.

«Je n’aurais jamais osé attaquer un texte comme celui-là, aussi touffu, avec plusieurs strates de significations, parce que c’est un texte où les ressorts dramatiques dépendent parfois des doubles sens, alors traduire à double sens, ce n’est pas facile. Parfois, il y a une série de quatre, cinq, six synonymes. C’est un texte qui est infiniment complexe, puis il est à la fois drôle, à la fois triste», a confié le poète qui signe sa première traduction littéraire.

C’est le directeur artistique du Théâtre populaire d’Acadie, Allain Roy, qui l’a convaincu d’embarquer dans le projet. En voyant les comédiens, la mise en scène, l’éclairage, le décor et la musique, Jean-Philippe Raîche a été touché profondément.

Produite par le TPA, Les meilleurs frères réunit une équipe de concepteurs chevronnés, dont Luc Rondeau à la scénographie, costumes et accessoires, Marc Paulin aux éclairages et Jean-François Mallet à l’environnement sonore. Après avoir été à l’affiche de l’Escaouette, en fin de semaine, la pièce sera présentée les 16 et 17 mars au Centre culturel de Caraquet.

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