L’artisane feutrière Diane Taylor de Saint-Louis-de-Kent crée des œuvres grâce à la laine de mouton. Elle fait de la sculpture à partir de cette matière première.

Diane Taylor n’en est pas à ses premières armes. Elle était déjà artiste il y a huit ans passés alors qu’elle faisait un peu de peinture, de la bijouterie et autres articles qu’elle présentait au marché des fermiers de Bouctouche.

«Je cherchais quelque chose de nouveau. Je faisais des choses avec les vitres de mer puis je pensais: j’ai besoin de trouver quelque chose qui n’est pas facilement copié. Parce que souvent, toutes les nouvelles choses qu’on essaie, l’année d’après il y en a cinq autres qui font la même chose», raconte l’artisane. À un moment donné, elle a voulu créer quelque chose d’unique.

Une dame qui passait par hasard au marché de Bouctouche a changé le cours de sa vie artistique. «Elle a acheté quelque chose que j’avais fait et elle m’a montré sur son téléphone ce qu’elle faisait comme art. Elle venait de l’Ontario. Vraiment c’est d’elle que j’ai découvert l’art du feutrage. J’ai trouvé ça magnifique. Je lui ai dit que ce serait intéressant d’apprendre. Ça faisait juste deux mois qu’elle était par ici. Elle m’a dit si tu veux, je peux te montrer. Je reste à Saint-Ignace et j’aime me faire de nouveaux amis.» À partir de là, Diane Taylor a découvert une nouvelle passion.

«On dirait que c’est ça que j’attendais. C’est devenu presque mon seul et unique médium», confie-t-elle. Sa première œuvre de feutrage réalisée huit ans passée représente un hibou. Le succès a été instantané dès que ses oeuvres ont été exposées sur la table du marché de Bouctouche. «Ça m’a vraiment donné le goût de continuer et d’apprendre», affirme-t-elle. Même à l’heure actuelle, elle consacre beaucoup d’heures à l’apprentissage, entre autres par l’entremise de Youtube.

«J’ai toujours aimé travailler avec mes mains. Je pense que par nature je suis une créatrice, j’aime créer des choses. Probablement un peu comme quelqu’un qui fait de la peinture ou le dessin, tu vois le monde à travers ton art. Je m’inspire de tout. Je vais voir des animaux, des enfants, la plage. Tout ça peut m’inspirer à former des choses en laine. Je pense que c’est ça l’inspiration, que tout peut se faire avec la laine», explique l’artiste. En fait, elle ne sculpte pas le bois, mais la laine, avec des aiguilles spéciales conçues pour ça.

Le temps consacré à chaque oeuvre dépend bien sûr de son volume. Une oeuvre bien simple peut prendre une heure. Une autre plus complexe peut demander 52 heures de travail, comme ce fut le cas pour la création d’un orignal. «En général, ça demande de trois à dix heures. Ce n’est pas souvent que je peux m’asseoir et terminer une oeuvre dans une session», mentionne-t-elle.

En ce moment, elle a plusieurs petits projets en allant. «Je pense que c’est mieux comme ça aussi, car la prochaine fois que tu vas revenir à ton travail, c’est avec un oeil frais. Tu vas avoir une nouvelle perception. Tu vas voir des petits détails que tu avais peut-être manqué. Alors j’aime mieux avoir plusieurs projets en même temps.»

Diane Taylor donne vie à différentes formes: des hiboux, des crèches, des ornements de Noël et des personnages. «Je suis probablement de plus en plus connue pour la crèche. J’ai fait des lapins, des orignaux, des chevreuils, des pères Noël.» Ces formes sont de tailles différentes.

«Tout de suite, on parle d’œuvres à l’aiguille à feutrage, qui sont vraiment des sculptures. Il y a une autre forme qui s’appelle le feutrage à l’eau. C’est avec l’eau savonnée. Tu frottes ta laine sur une surface rugueuse et plus tu vas frotter longtemps ta laine avec de l’eau et du savon, ça va entremêler la laine beaucoup mieux encore. Je vais utiliser ça surtout dans mes oeuvres encadrées», explique l’artiste, entre autres pour illustrer des paysages ou des scènes de plage.

Selon elle, l’art du feutrage à l’eau est considéré comme ancien. L’artisane utilise une aiguille à feutrer en forme de harpon. La laine, au fur et à mesure qu’elle est piquée, va s’entremêler et devient de plus en plus solide, de sorte qu’on peut faire une sculpture avec celle-ci.

«J’utilise plus qu’une technique. Norma-lement je m’aventure dans différentes manières de feutrer», exprime-t-elle.

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