Chanteur du «p’tit monde», Cayouche qui sillonne les routes des Maritimes, du Québec, de l’Ontario et des États-Unis depuis la sortie du Vieux Hippy, en 1994, a bien hâte de retrouver son public. «Quand t’embarques sur la scène, c’est pareil comme rider un bicycle. Ça se perd pas», affirme le chanteur country, dont les chansons résonnent encore aujourd’hui.

Au moment de l’entrevue, le chanteur de Maisonnette s’apprêtait à sortir sa motocyclette pour l’été. Le soleil brille et la route l’appelle. Même si l’auteur-compositeur-interprète de 73 ans estime avoir passé l’âge de faire de grandes tournées de spectacles au Québec, il compte bien visiter plusieurs coins du pays cet été en moto. Ce sera une saison estivale concentrée au Nouveau-Brunswick, avec au moins cinq spectacles de prévus dans plusieurs régions de la province.

«Moi l’affaire que j’aime c’est de voir le monde s’amuser», affirme Cayouche qui se présente sans prétention.

Il y a deux semaines, pour un spectacle qu’il a offert à Maisonnette, il a retrouvé ses musiciens avec qui il n’avait pas joué depuis environ un an et demi. Il avoue qu’il était un peu nerveux. Mais dès qu’il a mis les pieds sur la scène, il s’est senti chez lui.

Le grand retour

En 1999, Cayouche lançait son album Roule, roule au Théâtre Capitol dans une salle bondée. Plus de 20 ans plus tard, il est de retour dans ce théâtre pour présenter son spectacle.

«Ça va être le fun. J’aime ça faire des théâtres pour prendre le temps de raconter des ‘‘stories’’, des aventures. On fait de la bonne musique et on s’amuse.»

C’est toujours sensiblement le même spectacle qu’il présente depuis quelques années, allant puiser dans ses nombreuses chansons à succès, tout en racontant des histoires et des anecdotes de vie avec l’humour qu’on lui connaît. L’objectif est de s’amuser et de faire passer de bons moments aux spectateurs.

«Y a rien qui change, c’est toutes les mêmes tounes, les hits. C’est ça que les gens veulent entendre. Je ne vais pas monter sur la scène pour chanter du Elvis», lance-t-il dans un grand éclat de rire.

L’auteur-compositeur-interprète qui se passionne toujours pour la scène n’a pas vraiment composé de nouvelles chansons depuis son album Le rappel sorti en 2011.

«Je n’ai pu d’aventures. Je suis assis chez nous puis je fais pu rien. Avant, je me promenais partout sur le pouce pis je rencontrais du monde, je contais des histoires dans mes chansons, astheure, j’ai pu rien à dire et faire une toune sur la pandémie, ça me tente pas.»

D’excellents musiciens

Pour son spectacle, il sera accompagné des musiciens Johnny Comeau, Marty Melanson et Danny Maillet. Ce sont d’excellents musiciens avec qui il adore travailler.

«Des années passées, quand on était à Montréal, je faisais une entrevue et la fille en entrevue me demande tes musiciens, ce sont des bons musiciens, comment fais tu pour les garder? J’ai répondu, bien je les paye. C’est comme pour n’importe qui, paye-les pis il va travailler», relate l’artiste au franc-parler légendaire.

Avec plus de 125 000 albums vendus, il figure certainement parmi les auteurs-compositeurs-interprètes francophones du Nouveau-Brunswick ayant battu des records de ventes de disques. Comment explique-t-il ce succès?

«Je ne sais pas, mais il y a une femme qui m’a dit longtemps passé que je faisais de la musique pour le p’tit monde, pas les gros riches, mais pour le monde sur le bien-être, sur le chômage, les travailleurs…»

Avec cinq albums à son actif et une compilation parue en 2019, son répertoire comprend un grand nombre de classiques, y compris L’alcool au volant, La Reine du Bingo, La 6/49, La chaîne de mon tracteur, Portrait de mon père, les enfants à coup d’bottes et plusieurs autres. Ces chansons inspirées du quotidien, d’histoires vécues, d’aventures, d’anecdotes trouvent écho auprès du public. L’inspiration peut parfois survenir de façon impromptue.

«Des années passées, quand j’étais dans mon camp, à Anse-Bleue, j’avais une petite radio à batterie, y avait une entrevue avec un vieux bonhomme en Gaspésie et il a dit c’est mieux d’être en bas de laine qu’être en bas de zéro. Quand j’ai entendu ça, j’ai dit oups, attends minute, on va faire une toune avec ça», explique celui qui adore raconter des histoires.

Né à Moncton en 1949, Réginald Charles Gagnon (Cayouche) a déménagé avec sa mère en banlieue de Boston alors qu’il n’avait que 13 ans (1962). Après avoir fait son service militaire au sein du Corps des Marines des États-Unis, de 1967 à 1970, il est retourné au Massachusetts. Il est revenu au Canada en 1979, qu’il a sillonné en nomade pendant huit ans, «avec mon sac à dos et ma guitare», pour ensuite s’établir à Maisonnette dans la Péninsule acadienne.

Cet été, il donnera, entre autres, des spectacles à Shediac, Bathurst et au Frolic de Ste-Anne qui célébrera son 50e anniversaire.

Son spectacle au Théâtre Capitol sera présenté le 7 mai à 20h. Menoncle Jason assurera la première partie du spectacle.

«On va dire comme la Sagouine, samedi soir au Capitol, v’nez nous ouère!», conclut Cayouche.

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