Le 11 mai 2002, le Ballet Atlantique Canada présentait sa toute première production originale Figaro au Théâtre Capitol à Moncton. Deux décennies plus tard, la compagnie est de retour sur cette même scène afin de célébrer son parcours en danse, en musique, en conte et en humour. Le directeur artistique et cofondateur Igor Dobrovolskiy et les huit danseurs ont concocté un programme reflétant leur fabuleuse histoire.

Il y a plus de 20 ans, quand le chorégraphe Igor Dobrovolskiy a quitté son Ukraine natale pour débarquer à Moncton, il ne songeait pas nécessairement à fonder une compagnie de ballet. Il était venu pour enseigner le ballet et créer des chorégraphies pour une école de danse locale.

Il a rencontré Susan Chalmers-Gauvin, cofondatrice du ABAC, à l’école où il enseignait. Elle et sa fille suivaient des cours de danse. «Susan était mon élève, sa fille aussi», raconte le chorégraphe.

Rapidement, il s’est rendu compte que son engagement dans cette école ne correspondait pas nécessairement à ses aspirations professionnelles. De son côté, Susan Chalmers-Gauvin qui a travaillé dans le domaine de la recherche et du développement de politiques se demandait pour quelle raison le Canada Atlantique n’avait pas de compagnie de ballet professionnelle.

«Quand j’ai fait de la recherche, j’ai découvert que le Conseil des arts du Canada donnait 20 millions $ pour la danse professionnelle au Canada et rien ne venait en Atlantique», a raconté cette fière résidente de Moncton et de l’Atlantique.

Elle et Igor Dobrovolskiy ont donc réuni leur talent pour fonder le Ballet-théâtre atlantique du Canada qui a été rebaptisé plus tard Atlantic Ballet Atlantique Canada. En septembre 2001, quand ils ont lancé les premiers appels d’auditions, ils ont reçu 60 candidatures de partout dans le monde et aucune de danseurs canadiens. «Personne ne pensait que ça pouvait être possible ici à Moncton», souligne le chorégraphe.

La compagnie a pris son envol avec huit danseurs et ils ont ouvert leur studio en janvier 2002, pour ensuite présenter Figaro le 11 mai 2002.

La compagnie compte aujourd’hui 25 employés à temps plein, dont huit danseurs de divers pays: le Canada, le Japon, la France, le Kirghizistan, le Royaume-Uni et la Mongolie.

Des productions originales

La direction du ABAC s’est donné comme mission d’offrir des productions originales et non des reprises de ballets existants. C’est ainsi qu’ils ont créé, entre autres, Figaro, Merlin et Les portes tournantes. La compagnie a également conçu des ballets porteurs de causes sociales et humanitaires, tels qu’Ombres de violence; une œuvre puissante et touchante sur la violence conjugale. Le chorégraphe a eu envie de créer ce spectacle en se disant que si cela pouvait sauver au moins une vie, il devait le faire.

Il y a eu ensuite Alien qui explore la réalité humaine de l’immigration. Ces deux oeuvres ont eu beaucoup d’impact dans la communauté.
Dès l’année 2003, la compagnie a commencé à voyager à travers le Canada, et c’est en 2006 que les danseurs ont fait leur première tournée en Europe.

«On ne s’attendait pas à ça, on pensait surtout tourner au Canada atlantique, mais des diffuseurs du Canada et de l’Europe se sont montrés intéressés par nos productions.»

Avec 15 productions originales et plus de 50 courtes pièces, le répertoire de la compagnie se bonifie d’année en année.

Habituellement, la compagnie présente entre 20 et 30 spectacles par an ici et ailleurs. Quand la pandémie a frappé, l’équipe s’est réinventée en créant l’événement Ballet côté mer, leur permettant ainsi d’offrir une série de spectacles en plein air dans la région.

L’été dernier, les 13 représentations étaient à guichets fermés. La série sera de retour cet été.

Nouvelle création

Igor Dobrovolskiy a commencé à travailler sur une nouvelle chorégraphie intitulée Pisuwin en collaboration avec des artistes wolastoqey (Malécite), dont le ténor et compositeur primé Jeremy Dutcher et le danseur et chorégraphe Possesom Paul.

«C’est une histoire originale de la nation wolastoqey. Possesom Paul est arrivée avec cette histoire et il était très spécifique, il ne voulait pas juste une collection de différentes nations, mais celle de la nation Wolastoqey et il voulait donner une voix à son peuple.»

Lors des célébrations du 20e anniversaire, le public aura droit à un aperçu de cette nouvelle pièce sur la musique de l’auteur-compositeur-interprète Jeremy Dutcher qui sera aussi du spectacle. La première de cette nouvelle production complète est prévue en mai 2023.

Pour les célébrations du 20e anniversaire, Igor Dobrovolskiy a créé de courtes pièces qui relatent le parcours de la compagnie, depuis son arrivée au pays avec son épouse. Les danseurs ont aussi créé des solos qu’ils interpréteront sur des poèmes livrés dans leur langue respective.

Parallèlement à ce spectacle, une immense installation multimédia immersive sera projetée sur la tour de la Place Assomption au centre-ville de Moncton pendant trois soirs cette semaine.

L’événement du 20e anniversaire est dédié à la famille d’Igor Dobrovolskiy en Ukraine. Ses parents, sa fille, sa petite-fille et bien d’autres membres de sa famille vivent dans ce pays. D’ailleurs le chorégraphe avait projeté de visiter sa famille cette année, après dix ans d’absence, mais la guerre a éclaté. Vingt pour cent des recettes du spectacle seront remises à des groupes locaux pour venir en aide aux réfugiés ukrainiens. La soirée qui débute à 19h30 est animée par l’humoriste James Mullinger et l’animatrice Anne-Marie Parenteau de Radio-Canada.

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