Impro NB organisait cette semaine une session de formation à destination des improvisateurs professionnels. L’occasion de revenir sur les difficultés de cet art à être reconnu comme une discipline à part entière.

Théâtre, humour ou sport? Près de quarante ans après sa création, la pratique de l’improvisation reste difficile à catégoriser. Si on la définit aujourd’hui comme un «art de scène» au même titre que le cirque ou l’humour, ses défenseurs souhaitent en faire une discipline à part entière.

C’est une des missions que se donne l’association Improvisation NB en cherchant à crédibiliser la discipline dans la province.

Match d’improvisation des adultes formés par Improvisation NB, à Moncton – Acadie Nouvelle: Alban Leduc

«C’est un cercle vicieux, regrette Isabel Goguen, directrice générale d’Improvisation NB, comme les improvisateurs n’ont pas le statut d’artistes, ils ne peuvent pas soumettre de demandes de spectacles et ne peuvent donc pas vivre de leur art». Avec son organisation, elle tente donc d’établir le dialogue avec le gouvernement et obtenir des financements sur des projets, spectacles ou formations.

L’organisme a ainsi pu se rapprocher du secteur des arts à Moncton, en présentant des spectacles professionnels à l’Escaouette et au Capitol. Une façon d’accroître «la visibilité et la légitimation de l’improvisation auprès de la sphère artistique et du public habituel des arts», d’après le rapport annuel de l’association, qui se félicite toujours d’avoir réussi à inscrire l’improvisation aux Jeux de l’Acadie et de la Francophonie canadienne, dès 2015.

– Acadie Nouvelle: Alban Leduc

Former des professionnels pour légitimer la discipline

Au-delà de la visibilité, l’improvisation cherche également à se professionnaliser par la formation.

«C’est un autre facteur du manque de reconnaissance, nous n’avons pas de diplôme formel comme d’autres disciplines artistiques», reconnaît Isabel Goguen.

En tant que représentante des structures du Nouveau-Brunswick, elle cherche à proposer de nouvelles formations pour les joueurs professionnels et ainsi développer une certaine expertise.

La séance organisée à Moncton, mercredi soir, rassemblait huit improvisateurs expérimentés, jouant régulièrement pour des spectacles payants.

– Acadie Nouvelle: Alban Leduc

Pourtant, aucun ne peut pour l’instant vivre de cette passion.

«Cela fait quinze ans que j’explore tous les rôles de l’improvisation que ce soit en arbitre, joueur, organisateur ou à la caisse, toujours en tant que bénévole», explique David St-Pierre, informaticien de profession.

S’il aimerait voir apparaître le statut d’artiste pour les improvisateurs professionnels, il insiste avant tout sur le côté convivial et pédagogique de la discipline. «L’improvisation reflète la culture générale. Le jeu était haut en couleur, très drôle dans le passé alors qu’il est maintenant plus pensé, expérimental. Ça participe à se légitimer».

Pour se faire une place dans les milieux formels, l’éducation reste le principal outil de l’improvisation. De nombreux programmes sont proposés dans les écoles, notamment via un partenariat noué avec la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB). En formant une nouvelle génération d’amateurs, la discipline pourrait alors suivre la trajectoire de l’improvisation québécoise, reconnue comme discipline officielle depuis 2016 et dont les organisations tentent désormais de se réunir en association provinciale.

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