L’artiste Aurore Liang, originaire de Pékin, propose de remonter dans le temps avec les contes traditionnels chinois, un art qui date de plus de 2000 ans. Pour sa première escale à Moncton, elle partage la scène avec la conteuse acadienne Anne Godin.

Seule conteuse trilingue spécialisée en conte traditionnel chinois au Québec, Aurore Liang souhaite mettre en lumière la diversité culturelle. C’est d’ailleurs un peu ce qui la pousse à se produire à la Place Resurgo à Moncton, son but étant de rapprocher les cultures.

«J’ai contacté Anne Godin que je connais parce que toutes les deux on fait partie des conteurs du Canada. Elle fait beaucoup de contes traditionnels acadiens et moi je fais des contes traditionnels chinois. […] Toutes les deux on fait la tradition, d’un angle différent, elle l’Acadie et moi la Chine.»

De plus, les deux conteuses offrent des prestations assez théâtrales. Dans ses spectacles de contes, elle allie la musique, la danse et le théâtre. Le conte fait partie de sa vie depuis l’enfance. Si les gens consomment des produits de la Chine, ils ne connaissent pas forcément la culture traditionnelle chinoise, note l’artiste qui a vécu en France et maintenant établie à Montréal.

«On utilise des produits chinois, on porte des vêtements faits en Chine, mais qu’est-ce que ça signifie la Chine à part «made in China» et sa politique. […] J’ai envie de partager cette richesse culturelle avec les gens d’ici.»

Pour sa première prestation à Moncton, elle raconte une légende de la fête de la Saint-Valentin, l’un des quatre contes d’amour les plus importants dans son pays. C’est une légende qui date de plus de 2000 ans.

«Le 14 février, tout le monde fête la fête de la Saint-Valentin, mais il y a peu de gens qui savent en fait que pour les Chinois, malgré leur discrétion, l’amour est aussi très important pour nous. […] Comme l’amour est un sujet universel, je pense que les gens peuvent se reconnaître dans cette histoire-là.»

L’origine de cette fête est issue d’une histoire d’amour légendaire entre la 7e Déesse et son mari mortel, Dongyong. Les deux doivent confronter ensemble de nombreuses épreuves imposées du ciel et du monde des mortels. Leurs efforts témoignent de la force de l’amour et de la persévérance que les gens racontent de génération en génération. Par ce spectacle mis en scène par Robert Reid, l’équipe offre, une occasion de découvrir trois arts classiques chinois: le conte, l’Opéra de Pékin, et la musique du Guzheng.

Transmettre un message

Aurore Liang précise qu’à ses débuts, l’art de conter en Chine servait beaucoup à éduquer les gens et à transmettre un message, un peu comme les fables de La Fontaine.

«Et puis, le conte en chinois, on l’appelle ping shu (conte commenté). Normalement dans un conte chinois, il y a des contes et aussi des commentaires sociaux et humains et un point de vue de l’artiste.»

Elle prépare un nouveau spectacle avec le Singe comme symbole qui traitera de l’intégration, de l’acceptation et du jugement des autres.

«Quand on ne connaît pas, les gens jugent souvent par l’apparence, mais si on continue de faire des efforts, on peut espérer être accepté par les autres.»

Si sur scène, elle est seule ou en trio, elle est appuyée d’une équipe pour créer ses spectacles, précise-t-elle. Elle se spécialise aussi dans l’opéra de Pékin: une forme d’art vivant traditionnel qui rassemble le chant, le mouvement, le récit, l’acrobatie et les arts martiaux. Le spectacle Contes et légendes de l’Acadie et de la Chine est présenté ce mercredi à 19h à la Place Resurgo.

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