Si ses albums naviguent plutôt dans les eaux calmes et mélancoliques, sur la scène, c’est une tout autre énergie, assure Louis-Jean Cormier qui entame une tournée de trois concerts au Nouveau-Brunswick. Préparez-vous à bouger et à danser, prévient l’auteur-compositeur-interprète natif de Sept-Îles.

Il y a longtemps que l’artiste qui a des origines acadiennes n’est pas venu donner de concert au Nouveau-Brunswick. Il faut dire qu’il a pris une longue pause de la scène.

Louis-Jean Cormier se réjouit d’être de retour dans la région d’autant plus qu’il entretient des liens d’amitiés avec des Acadiens comme Lisa LeBlanc et les Hay Babies.

«On se rend compte à quel point il faut y aller plus souvent, nous les tristes “montréalocentriste” qu’on est. […] À travers le temps, les rencontres avec plein d’amis acadiens, j’ai comme très envie d’aller jouer en Acadie. Je ne sais pas à quoi m’attendre. C’est un peu le même sentiment que j’ai quand je vais jouer en Europe. C’est un peu un coup de dés, on ne sait pas si les gens seront au rendez-vous, si les gens nous suivent», confie Louis-Jean Cormier.

L’entrevue se déroule de façon conviviale, l’artiste se raconte avec naturel, sans prétention.

Un vent qui souffle, de grands paysages, la mer et l’horizon traversent ses compositions parfois un peu planantes. Influencé par sa Côte-Nord natale, il y a aussi ce sang acadien qui coule dans ses veines, le liant ainsi aux Maritimes. Ses oncles Cormier, des Acadiens de Havre-Saint-Pierre, l’ont marqué.

«Ils [ses oncles] jouent de la musique, de l’accordéon comme des dieux, ça ne se lit pas sur une partition, ça coule vraiment de source, puis je me sens privilégié d’avoir ce sang aussi…Le drapeau bleu, blanc, rouge avec une étoile, je l’ai vu pas mal dans ma vie. Une des dernières fois qu’on est allé au Nouveau-Brunswick, c’était un 15 août. Je ne veux pas faire d’appropriation culturelle du tout, mais je me sens comme chez nous.»

Un survol de son répertoire

Les spectacles dans les Maritimes sont les derniers de sa tournée ayant suivi la sortie de son troisième album Quand la nuit tombe. Cette tournée devait débuter en mars 2020, mais la pandémie en a décidé autrement.

Depuis, il a fait paraître un quatrième album Le ciel est au plancher inspiré par le décès de son père. Un album personnel et intimiste d’où émane une belle liberté artistique.

«À ma grande surprise, c’est probablement le disque qui a eu le plus de rayonnement puis y a énormément d’échos chez les gens. Je me suis rendu compte qu’en étant très personnel, tu touches à quelque chose d’hyper universel dans cette thématique du deuil.»

Cet album est aussi en phase avec sa génération de quarantenaires, note-t-il.

«C’est très universel le deuil puis ça fait de beaux disques dans la mesure où la création arrive d’une source qui est très pure et qui est très authentique parce qu’on le vit au moment où on l’écrit.»

En spectacle, il offre un voyage à travers ses deux derniers opus, en revisitant aussi des pièces incontournables de son répertoire, avec quelques incursions dans l’univers de Karkwa.

«Je me débats comme un diable dans l’eau bénite avec tout le nouveau répertoire que j’ai, puis les trucs plus incontournables du temps. […] Il y a des passages plus intimes et des moments à grand déploiement avec notre éclairagiste et notre sonorisateur de toujours. La machine est bien huilée.»

Le claviériste François Lafontaine, un complice de longue date, a collaboré à la réalisation de son dernier disque. Après avoir porté son projet seul sur ses épaules pendant plusieurs années, Louis-Jean Cormier était heureux de renouer avec son acolyte de l’époque de Karkwa.

«…C’est comme si c’était un partenaire de création et aussi quelqu’un qui est habitué d’être un membre de groupe. Ça a été super révélateur pour moi. J’avais quelqu’un sur qui je pouvais projeter mes impressions, aller chercher des réponses à mes questions.»

Cette collaboration signifie-t-elle le retour de Karkwa? Le chanteur souligne qu’ils avaient accroché Karkwa dans un garde-robe et là «on dirait que la porte du garde-robe s’est entrouverte.»

Une décennie plus tard…

L’auteur-compositeur-interprète qui a porté plusieurs chapeaux confie qu’il n’aurait pas pu avoir la carrière solo qu’il connaît sans l’apport du groupe Karkwa dans sa vie.

Son premier album Le treizième étage est paru il y a dix ans. Ce disque primé plusieurs fois s’est écoulé à plus de 80 000 exemplaires.

Pour célébrer cet anniversaire, l’album paraît en version vinyle. Cet opus a littéralement changé la vie de l’auteur-compositeur-interprète.

«Je vous parle en ce moment de mon studio d’enregistrement à Montréal puis je pense que si je n’avais pas écrit la chanson Tout le monde en même temps (Sur Le treizième étage), je n’aurais même pas ce studio-là.»

Il estime que cet album a été important, formateur et libérateur, parce qu’il lui a permis de voler de ses propres ailes.

«Il y a des choses qui ne s’expliquent pas. Ça n’a pas rapport avec le talent ou les connaissances, il y a des moments où les planètes s’alignent. On se rappelle il y a dix ans, c’était la grève étudiante, le printemps érable, les manifestations, puis moi je suis arrivé avec ce disque-là qui est très rassembleur, c’est juste tombé au bon moment. On ne peut pas calculer ça.»

Si ses spectacles dans les Maritimes sont les derniers de cette tournée, l’artiste promet de revenir plus souvent en Acadie.

Les spectacles sont présentés le 21 septembre à la Salle Léo-Poulin à Edmundston, le 22 septembre au Centre culturel de Caraquet et le 23 septembre au Théâtre Capitol à Moncton.

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