L’artiste Fanny Basque jette un regard personnel et poétique sur son lien avec la pêche et l’Acadie dans une nouvelle exposition intitulée Les bouleversements. La collection rassemble une vingtaine d’oeuvres photographiques et des aquarelles en montre à la Galerie Bernard-Jean à Caraquet.

Ce projet est né à la suite d’une résidence de création et de recherche au Centre d’artiste Constellation Bleue à Caraquet en 2019. On lui avait alors proposé d’explorer le thème de la pêche. Même si Fanny Basque est originaire de Tracadie, elle confie qu’au départ, les liens avec le thème lui semblaient un peu flous. Or, en arrivant à Caraquet, plein de souvenirs ont resurgi dans sa mémoire.

«Il y a plein d’histoires et d’anecdotes qui me venaient en tête et j’ai vu plein de liens», a-t-elle raconté en entrevue.

Que ce soit son premier emploi dans une usine de transformation de poisson à Néguac, la pêche aux huîtres ou encore les conflits entre les pêcheurs blancs et autochtones, la thématique l’a interpellée intimement et s’est avérée plus complexe qu’elle n’aurait imaginé.

«Je me suis rendu compte que cette pêche-là faisait partie de mon identité.»

Celle qui a fait ses études en cinéma et en photographie à Montréal pour ensuite déménager dans le Bas-du-Fleuve où elle travaille dans un centre d’artiste à Rimouski, confie que ce retour dans la Péninsule acadienne l’a bouleversée dans ses façons de voir les choses et son lien avec le territoire et sa culture.

Munie de deux caméras, l’une argentique et l’autre numérique pour la vidéo, d’une enregistreuse et d’un carnet, elle a arpenté la Péninsule acadienne en retournant sur des lieux familiers et nouveaux pour elle. Pendant ses balades, il a capté plusieurs images. Son projet est tout sauf de la photographie documentaire puisque son regard est personnel, subjectif et intime.

«Je suis vraiment subjective dans mon approche. Je n’allais pas faire un portrait de la pêche, mais plutôt j’arrivais avec mes émotions, mes sentiments et ce que j’aime faire.»

Elle a voulu être à l’écoute de ce qui se passait autour d’elle. Elle est allée voir différents endroits, des quais abandonnés, des usines désaffectées… La mer est au coeur de son projet.

«J’avais envie aussi d’honorer ce qu’on peut voir dans l’eau parce que l’eau m’enveloppait. Il y a des images d’algues et de résidus qui sont laissés à l’abandon.»

Sa propre histoire

Aux photographies, se greffe un témoignage qu’elle a recueilli pendant sa résidence. Le texte est exposé, ainsi qu’une série de petites aquarelles abstraites et texturées inspirées de la thématique. L’exposition comprend aussi une vidéo.

«C’est un peu un regard et des liens que je fais dans ma tête à propos de la pêche. C’est un regard extrêmement personnel», a ajouté celle qui raconte sa propre histoire dans cette exposition.

Ce sont des images contemplatives et subjectives, reflétant ainsi ses questionnements, ses doutes, son désir de connexion et l’éco anxiété qui est présente en elle, note-t-on dans la présentation de l’exposition.

Il s’agit de sa première exposition au Nouveau-Brunswick; un projet qui lui a permis de revenir là où elle a grandi et d’entamer un petit lien avec le territoire.

«L’Acadie est beaucoup plus complexe que je pensais, avec cette notion de colonialisme en tant que personne blanche, nous habitons un territoire qui n’a pas été cédé, qui n’est pas le mien», évoque-t-elle.

Elle souhaite faire voyager cette collection ailleurs au pays. L’exposition est présentée à Caraquet jusqu’au 9 novembre.

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