Tous les projecteurs seront tournés vers le sculpteur céramiste Léopold L. Foulem au cours des prochains jours. À la projection du documentaire sur l’artiste de Renée Blanchar, viennent se greffer des expositions à Dieppe et Fredericton.

Vingt-cinq sculptures de Léopold L. Foulem seront exposées en permanence au Musée des beaux-arts Beaverbrook. De plus, on dévoile une collection de 12 dessins de modèles vivants à la Galerie Art-Artiste à Dieppe qui présente déjà ses sculptures. Le vernissage de l’exposition de dessins se tient, samedi, à la suite de la projection du documentaire Lettre d’amour à Léopold L. Foulem.

Des sculptures de Léopold L. Foulem exposées à la Galerie Art-Artiste. Acadie Nouvelle: Sylvie Mousseau

Dans son film, la cinéaste Renée Blanchar nous propose un regard intimiste sur l’artiste dans sa résidence ancestrale à Caraquet où il passe l’été. Le céramiste à la personnalité attachante, épris de liberté, se raconte et se confie à la caméra. En toute simplicité, il nous ouvre la porte de sa maison et de son atelier, nous faisant découvrir son quotidien et les nombreux objets décoratifs acquis au fil des années qui nourrissent son imaginaire et stimulent sa créativité.

Ses sculptures de céramique conceptuelles provoquent la réflexion. «Il faut que ce soit dérangeant, mais pas choquant», confie l’artiste de 73 ans.

Des sculptures de Léopold L. Foulem exposées à la Galerie Art-Artiste. Acadie Nouvelle: Sylvie Mousseau

On y fait aussi la rencontre de ses deux fidèles complices, son mari et sa sœur Marie-Paule Foulem, qui l’assistent dans son travail depuis plusieurs années. Léopold L. Foulem a présenté 56 expositions solos et 260 expositions collectives.

«J’ai trouvé que le film ressemble vraiment à Léopold. Quand on débarque chez Léopold, c’est à peu près comme ça qu’on est reçu», a exprimé le collectionneur et commissaire d’art Daniel Chiasson de Dieppe.

Léopold Foulem et sa soeur Marie-Paule Foulem dans une scène du documentaire de Renée Blanchar. Gracieuseté.

Des dessins inédits

En effectuant le ménage de sa maison à Caraquet, Léopold L. Foulem a retrouvé son cahier de dessins qui date de ses études de maîtrise aux États-Unis en 1977. Il a alors joint Daniel Chiasson, qui suit le parcours de l’artiste depuis plusieurs années, à venir voir sa trouvaille. À partir de là, ils ont imaginé comment les exposer.

«On a fait des tests pour voir comment le papier allait vivre avec le temps. Suite aux tests, on s’est convaincu de faire la série et ensuite on a développé toute la suite qui a été encadrée», a expliqué M. Chiasson.

Un dessin de Léopold L. Foulem, Nu au tabouret, fusain. Gracieuseté.

Sur 300 dessins, ils en ont choisi une douzaine, dont neuf inédits. La préparation de cette collection s’est étendue sur plus d’une année. À l’époque, ses dessins de modèles vivants constituaient des exercices et du travail d’expérimentation.

«Quand il a redécouvert ces dessins-là, c’est là qu’on a commencé à voir qu’il avait déjà une certaine dextérité dans le mouvement, dans sa façon d’appliquer. Ça nous rappelle presque un petit peu une série de Picasso. Léopold L. Foulem a beaucoup étudié tout le phénomène Picasso», a raconté le galeriste.

Un dessin de Léopold L. Foulem, Odalisque, fusain et pastels. Gracieuseté.

Celui-ci souligne la pureté de la ligne, le mouvement assuré, sans hésitation.

«On voit qu’il a beaucoup de rigueur dans son travail même à cette époque-là. C’est l’esthétique qui ressort de ces dessins-là.»

La valeur de chaque dessin est estimée à 2000$, un prix abordable pour une œuvre de Foulem si on le compare à ses sculptures de céramique qui se vendent à plus de 12 000$.

On peut aussi admirer les sculptures de Léopold L. Foulem à la galerie de Dieppe qui présente une exposition mettant en relation quatre sculpteurs acadiens de renom aux pratiques contemporaines. Les céramiques et les bronzes de Léopold L. Foulem côtoient les sculptures de verre et de cuivre d’Élisabeth Marier, ainsi que les œuvres de pierre et de bronze de Marie Hélène Allain et les bronzes de Gilbert LeBlanc.

«On a décidé de présenter ses œuvres (Foulem) parce qu’il n’y avait personne à l’est du Canada qui le faisait. Mais à partir de dimanche, ça va changer parce que la Beaverbrook va en montrer 25 au public en permanence.»

Daniel Chiasson devant une partie des oeuvres de l’exposition de sculptures contemporaines à la Galerie Art-Artiste. Acadie Nouvelle: Sylvie Mousseau

Daniel Chiasson qui représente plusieurs artistes acadiens apprécie particulièrement l’audace du céramiste.

«Il va très loin dans le propos politique, il est vraiment engagé dans une certaine liberté de création.»

Les deux expositions à la Galerie Art-artiste sont présentées jusqu’au 17 décembre. Lors du vernissage samedi à 17h la cinéaste et l’artiste seront présents. Le lendemain, dimanche à 15h, la collection de sculptures sera dévoilée au Musée des beaux-arts Beaverbrook à Fredericton. Le documentaire Lettre d’amour à Léopold L. Foulem (Ça Tourne Productions) est présenté samedi à 15h au Cinéplex à Dieppe dans le cadre du FICFA et dimanche à 15h au Musée des beaux-arts Beaverbrook.

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