De véritables petits bijoux cinématographiques composent le programme animation du 36e FICFA. Au-delà de la poésie des images, ces œuvres traitent de sujets profonds et parfois très durs.

La guerre, l’immigration, la violence, l’environnement figurent parmi les thèmes abordés dans les films d’animation cette année. Anne-Marie Sirois convient que ce ne sont pas nécessairement des sujets légers, mais somme toute, certaines de ces œuvres pointent vers la lumière, permettant un peu de sortir de la réalité de tous les jours. C’est ce qui fait la beauté du cinéma d’animation, estime l’artiste visuelle, auteure, cinéaste et illustratrice de Moncton. Le cinéma d’animation permet parfois d’alléger la souffrance.

«Tout est permis dans l’animation. Des images peuvent exprimer aussi qu’on a toutes les possibilités à l’intérieur de nous, mais qu’on les explore très peu (comme dans le film Rest in peace d’Antoine Antabi). […] Avec l’animation, on peut aller plus loin que le réel.»

Le programme comprend 10 courts métrages de différentes techniques allant du 3D, du numérique jusqu’au dessin en passant par la marionnette. Certains films combinent plusieurs techniques. Dans la sélection, des œuvres se démarquent, en commençant par le court métrage canadien Le temple d’Alain Fournier. Un projet ambitieux qui a nécessité plusieurs années de travail et un grand nombre d’artistes.

Ce suspens en animation 3D de 17 minutes est absolument captivant. C’est l’histoire d’un équipage d’un sous-marin allemand en temps de guerre qui vit des phénomènes étranges. Une explosion inexplicable dans la salle des machines fait en sorte que le sous-marin sombre dans les grandes profondeurs de l’océan. Pendant ce temps, la folie commence à décimer l’équipage. Le capitaine qui tente de tenir le coup aura un choix à faire. Impossible de passer à côté de ce film remarquable, soutient Anne-Marie Sirois. Le scénario est librement inspiré d’une nouvelle de l’écrivain H.P. Lovecraft.

«C’est quand même une histoire dure, une mutinerie dans un sous-marin en temps de guerre. D’habitude des films comme ça, tu restes avec un goût amer, mais le capitaine qui sait qu’il ne lui reste pas longtemps à vivre choisit de finir sa vie en beauté.»

Des incontournables

Parmi les autres coups de coeur figurent le film belge La passante de Hannah Lataïf, une œuvre un peu surréaliste qui marie des images animées et réelles. La sélection propose aussi À coeur perdu de Sarah Saidan sur l’histoire d’un immigrant iranien qui part à la recherche de son coeur, ainsi que le film français Les larmes de la Seine d’un collectif de réalisateurs, sur le massacre et la répression policière d’une manifestation d’Algériens à Paris en 1961.

Ce sont deux œuvres incontournables de la sélection, avec le film canadien Ce qui rime avec toxique de Lynn Smith, sur l’environnement. Quand elle choisit les films, l’artiste s’attarde d’abord au scénario.

«Il faut que l’histoire se tienne, et puis s’il y a deux films égaux, je vais préférer une diversité de techniques. J’aime montrer aux gens différentes sortes de films et différentes techniques. Des fois, ça peut éveiller quelque chose. Il y a peut-être un jeune spectateur en qui ça va déclencher un projet quelconque dans sa vie.»

Anne-Marie Sirois espère que le programme d’animation donnera envie aux gens de rêver.

«J’ai l’impression que depuis la fin des confinements, la vie a pris un rythme tellement effréné, avec l’inflation, etc. Les loyers ne descendront pas demain matin, mais je pense que le cinéma d’animation aide à s’évader, à voir autre chose, qu’il peut y avoir d’autres solutions à cette vie effrénée», a ajouté l’artiste.

Celle-ci s’occupe de la sélection des films d’animation au Festival international du cinéma francophone en Acadie depuis au moins une quinzaine d’années. Le programme animation est présenté jeudi 17 novembre à 21h au théâtre l’Escaouette à Moncton.

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