Le Studio-théâtre La Grange à Moncton ouvre sa saison théâtrale avec la pièce Kick d’Étienne Lepage, mettant en vedette six finissants en
art dramatique, sous la direction de Ludger Beaulieu. Une prise de parole parfois cruelle qui explore le côté cynique du monde.

Kick met en scène six personnages; des jeunes du secondaire ayant une relation entre eux qui évoluent dans un amalgame de situations. Les différentes scènes ne suivent pas nécessairement un récit narratif linéaire. Les personnages sont poussés par l’urgence de dire, le besoin d’exprimer leur amour, leur colère, l’imbécilité générale et même leur cruauté. Inconsciemment, ils cherchent à comprendre leur existence.

Selon Océane Lanteigne, qui joue dans la pièce, les personnages qui traversent des difficultés ressentent le besoin de dénoncer quelque chose: ils le disent sans gants blancs et parfois de façon maladroite. C’est souvent joué dans les extrêmes, note l’étudiante.

La création

L’Acadie Nouvelle a rencontré une partie de l’équipe à une semaine de la première. Une certaine fébrilité règne dans le petit studio La Grange où on s’affaire aux derniers préparatifs. Les finissants qui dans quelques mois feront le saut dans le monde professionnel ont participé à la création de ce spectacle.

«On s’est senti comme faisant partie du processus de création. On se l’est vraiment approprié. Maintenant on est rendu à une place où on se laisse aller. Le mot que j’utiliserais pour dire comment je me sens, c’est fébrile», a exprimé Josiane Benoît.

Dix ans après avoir terminé ses études en art dramatique à l’Université de Moncton, Ludger Beaulieu qui a déjà une feuille de route bien garnie revient à son Alma mater pour diriger la production des finissants. Celui qui a deux mises en scène à son actif voit son rôle un peu différemment puisque c’est dans un contexte pédagogique.

«Je fais partie du milieu dans lequel les finissants vont tomber dans quelques mois, alors je me dis comment je peux les accompagner dans cette transition des études au professionnel, qui disons-le n’est pas toujours facile, pour qu’ils aient le plus d’outils possibles pour arriver dans un milieu qui va leur correspondre et que leurs habiletés va correspondre au milieu dans lequel il tombe», a déclaré l’homme de théâtre.

Les comédiens sont rendus à un point dans les répétitions où ils commencent à le surprendre, se réjouit-il.

Il tenait à ce que les étudiants aient des défis, et il n’en manque certainement pas avec cette œuvre, soulève le metteur en scène. Le texte d’Étienne Lepage n’a pas beaucoup d’indications de mise en scène outre le fait que la première et la dernière scène doivent demeurer à la même place, mais l’ordre de tout ce qui se déroule entre ces deux tableaux, peut être modifié. C’est comme un grand terrain de jeu où chacun peut superposer sa vision du moment, souligne Ludger Beaulieu. Océane Lanteigne précise qu’il y a beaucoup de mystère derrière le texte, ce qui les a amenés à imaginer la construction de cet univers.

Un miroir de la société

Chaque tableau ou anecdote est en fait un prétexte pour entrer dans des sujets beaucoup plus universels qui ne sont pas forcément associés à l’adolescence.

«On plonge dans l’anodin puis tout d’un coup Étienne Lepage à travers sa plume nous amène dans un grand sujet universel de questionnement profond, existentiel de notre relation à l’autre.»

Même si la pièce date de plus de dix ans, Océane Lanteigne et Josiane Benoît estiment que la thématique demeure d’actualité. Les personnages sont en quelque sorte des archétypes.

«Au niveau des personnages, ils sont très humains, tellement humains que je crois que tout le monde dans le public pourrait s’identifier ou reconnaître quelqu’un», a indiqué Océane Lanteigne.

Josiane Benoit ajoute que même s’ils vont dans des situations extrêmes, les personnages ne sont pas si différents de la réalité.

«C’est une pièce qui est très riche, il y a beaucoup de nuances. Quand on est en répétition, je sens que ça ramène au cynisme. On pointe la société du doigt tout en se pointant du doigt nous aussi. C’est un miroir», a mentionné la comédienne.

Le décor est conçu comme une salle dans une école anonyme, dotée d’un plancher de tuiles et de faux néons. La pièce qui sera présentée du 2 au 7 décembre à 20h au Studio-théâtre La Grange met également en vedette Ricky Albert, Anakim Béland-Rahm, Gabriel-Vincent Deslauriers et Sophie Ruest.

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