Avec leurs mains, les interprètes sont le lien entre le monde des entendants et celui des malentendants. Avec son tout premier documentaire, Le mur du silence, la réalisatrice Denise Bouchard fait une incursion dans cette réalité.

La cinéaste de Caraquet confie qu’elle a découvert une communauté fantastique qu’elle ne connaissait pas avant d’entreprendre ce projet. Il faut dire qu’il y a peu de contact entre l’univers des entendants et celui des malentendants. Un mur les sépare. Bien que le monde ne soit pas adapté à leur réalité, ils s’épanouissent avec une identité forte comme en témoigne le documentaire de Denise Bouchard.

«Il y a une communauté vivante et vibrante qui existe partout. On aurait tellement à apprendre d’eux.»

Dans son film, Denise Bouchard donne la parole aux familles, aux personnes malentendantes, aux enfants de parents sourds, aux interprètes qui utilisent la langue des signes. On suit le parcours de Francine Dallaire, seule interprète francophone professionnelle certifiée au Nouveau-Brunswick. Celle qui a grandi auprès de parents sourds confie que la langue des signes est sa langue maternelle. C’est la première langue qu’elle a apprise à la maison. La profession d’interprète lui est donc venue naturellement.

De Petit-Rocher à Ottawa en passant par Edmundston et Campbellton, on voyage à travers différentes régions. La cinéaste a tenu à ce que les participants qui le peuvent s’expriment en langue des signes. Elle propose une incursion dans leur univers. D’ailleurs, la réalisatrice confie qu’elle a elle-même vécu une immersion totale pendant le tournage. Elle a appris, entre autres, qu’il existe 300 langues des signes.

«On a commencé le tournage à Ottawa et j’ai dit à mon équipe lorsqu’on revient au Nouveau-Brunswick pour tourner, il faut au moins avoir appris l’alphabet, et ça s’apprend.»

L’idée de ce documentaire est venue du producteur Jean-Claude Bellefeuille. La cinéaste qui a deux longs métrages de fiction à son actif n’avait jamais réalisé de documentaire. Elle admet que le projet représentait un certain défi.

«Je suis allée doucement là-dedans. On a commencé avec une recherche parce que je trouvais à la base que le sujet n’était pas facile parce que je n’avais jamais côtoyé des gens de la communauté sourde et malentendante», a raconté la cinéaste.

Elle a travaillé en collaboration avec Marc Poirier au scénario et à la recherche.

«C’est à travers la recherche que j’ai découvert tout un monde et ça a été aussi une belle rencontre avec l’interprète Francine Dallaire.»

Son objectif est de mettre en lumière cette communauté, d’éveiller les gens à leur réalité et de créer ainsi une société plus inclusive. La langue des signes n’est plus enseignée dans les écoles, ce qui désole la réalisatrice. Aujourd’hui, on favorise davantage la pose d’implants dès la naissance d’un enfant qui vit avec une surdité.

«Ce que j’aimerais dans le fond, c’est qu’il y ait un éveil du côté de l’éducation. Je trouve que c’est une langue qui pourrait être apprise dans les écoles parce que les jeunes sont tellement gestuels et visuels aujourd’hui.»

Une jeune mère de famille malentendante confie comment la langue des signes l’apaise. C’est aussi un film qui brise certains préjugés comme le fait que les personnes sourdes vivent dans le silence. “C’est tout sauf silencieux, il y a énormément de bruits dans une soirée sourde” soulève une intervenante.

Après avoir été présenté une première fois dans le cadre de Doc Humanité, Le mur du silence (Bellefeuille Production) est diffusé sur les ondes de Radio-Canada ce dimanche à 19h30. Par ailleurs, le drame Notre Dame de Moncton aussi réalisé par Denise Bouchard sort dans au moins 12 salles de cinéma en Atlantique en fin de semaine.

 

 

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