Le programme Lire et faire lire Acadie a un besoin urgent de lecteurs bénévoles afin d’assurer ses services à un plus grand nombre d’enfants.

Pendant la pandémie, le programme Lire et faire lire Acadie a cessé ses séances de lecture dans les écoles. À la reprise des activités, plusieurs bénévoles ont choisi de ne pas revenir. Selon la présidente de l’organisme Odette Albert, il manque de bénévoles dans les trois districts scolaires francophones.

«Il y en a qui sont partis ou qui ne veulent pas revenir tout de suite parce qu’il y a encore des inquiétudes. Il nous en manque beaucoup», a-t-elle fait savoir.

Juste avant le début de la crise sanitaire, une centaine de groupes d’élèves dans 30 écoles francophones bénéficiaient de ce programme de développement du plaisir de la lecture. Depuis la reprise, le nombre de groupes a diminué de moitié. Environ 45 groupes dans 24 écoles bénéficient du programme qui ne compte plus qu’une soixantaine de bénévoles. À une certaine époque, il pouvait y avoir jusqu’à 250 bénévoles.

Lire et faire lire Acadie qui s’adresse aux élèves de la maternelle à la 2e année vise à donner le goût de la lecture en français par des lecteurs bénévoles âgés de 50 ans et plus.

Selon la présidente, il manque de ressources dans la plupart des régions francophones. Le Grand Moncton est assez bien desservi, mais toutes les autres régions auraient besoin de davantage de lecteurs. Odette Albert se désole de voir que certaines écoles qui aimeraient offrir le programme ne peuvent pas le faire.

De plus, même dans les écoles où le service est offert, le nombre de ressources est insuffisant pour remplacer les lecteurs qui doivent s’absenter.

Le plaisir de la lecture

Les bénévoles vont dans les écoles faire la lecture à de petits groupes de deux à six élèves. Ils invitent les enfants à poser des questions, à participer et à voyager à travers les livres. L’objectif est de montrer aux enfants que la lecture peut être plaisante.

«Il y a beaucoup d’enfants qui n’aiment pas tellement lire, surtout les garçons, et alors ça leur donne un coup de main. Je ne dis pas que c’est une recette miracle, mais ça donne un coup de main aux enfants et aux écoles pour que les enfants aiment lire.»

En développant un sentiment d’attachement pour le lecteur bénévole, les enfants sont plus réceptifs, estime Odette Albert.

«Les enfants qui ont peu de vocabulaire, ça les aide beaucoup. On a des enfants qui sont pas mal gênés quand ils arrivent. Après un bout de temps, la gêne disparaît et on voit une évolution dans leur façon d’interagir.»

Depuis 13 ans en Acadie

Fondée en France par l’écrivain Alexandre Jardin, l’initiative Lire et faire lire existe depuis 13 ans en Acadie. Odette Albert s’est engagée dans ce programme, entre autres, pour insuffler un sentiment de fierté aux enfants.

«J’ai eu une bonne profession, je trouve que la société m’a beaucoup donné et puis je trouve que je dois donner en retour et ce sont les enfants qui ont besoin le plus d’aide pour devenir des citoyens fiers de qui ils sont, c’est-à-dire des francophones dans un milieu anglophone. Je crois qu’un enfant qui aime lire va réussir ses études parce qu’aimer lire, c’est aimer aussi apprendre, c’est de voir des choses nouvelles, c’est aller s’informer quand on ne sait pas quelque chose.»

Elle ajoute que le programme procure aussi une énorme satisfaction aux lecteurs bénévoles puisque les enfants s’attachent à eux.

«Les enfants s’attachent à toi et tu t’attaches aux enfants. C’est comme si j’étais la grand-mère de tous ces enfants-là en même temps et il y a beaucoup d’affection de la part des enfants.»

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