À partir de souvenirs, d’écrits et de lieux extérieurs qui lui sont chers, l’artiste Catherine Arseneault propose d’explorer différentes facettes de la photographie contemporaine dans l’exposition All Thumbs.

À quelques semaines de son départ pour une résidence d’artistes en Finlande, la photographe de Moncton présente sa deuxième exposition solo qui est en montre jusqu’à la fin janvier. Catherine Arseneault a rassemblé une collection d’images, d’écrits, d’idées, d’enregistrements sonores et une installation vidéo. Ce sont des recherches créatives un peu hétéroclites qu’elle mène depuis quelques années. Ses paysages reflètent divers états d’âme. Elle pose un regard sur des lieux naturels et des endroits précieux qu’elle connaît bien. Ses oeuvres émanent d’une contemplation et d’une réflexion intérieure.

«C’est un peu pour faire le lien entre l’environnement naturel et notre environnement mental», a commenté l’artiste en faisant le tour de son exposition.

Elle a eu recours à différents supports tels que des boîtes à bijoux, des couvercles de mélangeurs, du papier suspendu, des petits cadres ou des encadrements anciens. On retrouve notamment une grande œuvre intégrée au mur de brique. L’artiste travaille principalement la photographie sur film en explorant diverses techniques, polaroïd, superpositions d’images, multiples expositions, intégrant parfois des morceaux de textes dans ses œuvres. Ce sont des pensées et des extraits poétiques, sans pour autant être un récit chronologique ou narratif.

Son écriture conjuguée à ses œuvres permet de visualiser ses réflexions. Pour certaines installations, le visiteur doit se rapprocher des pièces pour en saisir les nuances et les détails de ses écrits.

«J’aime voir les gens se rapprocher des oeuvres pour chercher et essayer de mettre ça ensemble ou de trouver des genres de significations eux-mêmes.»

La collection comprend, entre autres, une série d’images en noir et blanc captées à son chalet familial. L’artiste souligne que ce sont presque des images d’archives puisque l’ouragan Fiona a détruit un des bâtiments que l’on retrouve sur les photos.

Le goût de l’eau

L’installation sonore et la vidéo sont les seules pièces numériques de l’exposition. Dans sa vidéo, on aperçoit des images de piscine, de vagues, de plage et de rivière qui s’entremêlent avec des extraits de textes sur la nature.

«C’est comme un morceau de magie cette vidéo», a exprimé l’artiste qui en est à ses débuts en art médiatique.

Une ligne d’horizon à hauteur de l’artiste traverse l’exposition dans le but d’agencer toutes les pièces de la collection. Celle qui a fait des études en arts visuels et en design graphique s’attarde tout particulièrement à la composition des images.

Directrice des projets spéciaux à la Galerie Sans Nom, elle coordonne le Festival Re:Flux et Acadie Underground. Ces deux événements ont une influence sur son travail, estime-t-elle.

«Ça m’a permis de découvrir toutes sortes de travaux et d’artistes différents et de développer une certaine confiance», a ajouté la photographe qui cherche de plus en plus à sortir de sa zone de confort.

 

Cap sur la Finlande

À la fin janvier, elle s’envolera vers la Finlande afin de participer à une première résidence de création internationale d’un mois avec une douzaine d’autres artistes. Cette résidence qui se déroule dans un centre créatif international en pleine nature puisera dans l’introspection et la réflexion. L’artiste est fébrile à l’idée de participer à ce projet qui lui permettra de tisser des liens avec d’autres créateurs. Celle qui s’intéresse au paysage estime qu’il y aura sûrement des parallèles à faire entre le territoire canadien et la Finlande, étant aussi un pays nordique.

«Des résidences comme ça nous permettent de sortir de notre quotidien, du régulier et de nos réflexes créatifs», a ajouté l’artiste qui en 2020 participait à une première résidence d’artiste interculturelle au Parc national Kouchibouguac.

Inaugurée en novembre dans le cadre du volet arts médiatiques du 36e Festival international du cinéma francophone en Acadie, All Thumbs est présentée à la Galerie Françoise-Chamard-Cadieux du Centre culturel Aberdeen à Moncton jusqu’au 27 janvier. Catherine Arseneault qui, à ce jour, avait surtout participé à des expositions de groupe est heureuse de se retrouver au Centre culturel Aberdeen qui est en quelque sorte sa deuxième maison.

«C’est super spécial parce que c’est chez moi, ce sont mes collègues, ma gang. Ça a été une super belle expérience. Il y a comme élan qui se fait que j’ose exposer de plus en plus.»

Un deuxième volet de son projet All Thumbs sera présenté à la Galerie Nuance 3 à Tracadie en septembre prochain.

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