Merci Yvon!

J’avoue avoir été bien déçue quand j’ai appris qu’Yvon Godin ne se représenterait pas dans la circonscription d’Acadie-Bathurst lors de la prochaine élection fédérale. Égoïstement, j’aurais aimé qu’il continue parce que, même si j’habite bien loin de sa région, le député NPD Yvon Godin était un repère dans un monde politique souvent agité, bien trouble aussi parfois.

Si d’aventure, en tant que simple citoyen, on ne comprend pas vraiment telle ou telle question, il suffit souvent d’aller voir ce qu’en dit Yvon pour être fixé: pas de langue de bois, ni de porte de derrière, mais la simple vérité des choses, surtout ces choses qui touchent à l’Acadie et à la langue.

Et puis, en plus de ramener bien des débats à des considérations terre à terre, simples à comprendre et ancrées dans la réalité de ses électeurs, Yvon Godin n’a jamais laissé les luttes de couloir à Ottawa altérer l’immense respect qu’il porte à ceux et celles qui l’ont élu ni diminuer son acharnement à bien les servir et à bien les défendre. Ils ne sont pas légion, ceux et celles qui peuvent en dire autant.

En tant que citoyenne, horrifiée de constater qu’on peut gagner une élection avec bien moins de la majorité des voix des électeurs – je suis attachée voyez-vous, à la notion du 50 % plus un –, les pourcentages faramineux de Yvon me confortent, tout comme ceux de mon propre député, Jack Harris (du même parti d’ailleurs), et qui lui aussi gagne ses élections avec plus de 70 % des suffrages exprimés.

Il faut sans aucun doute bien travailler pour ses électeurs, ne pas craindre sa peine, les éternels déplacements entre Ottawa et sa circonscription, les fins de semaine sans famille et les nuits blanches pour faire une telle quasi-unanimité.

N’en déplaise, Yvon Godin a prouvé et prouve, encore aujourd’hui, qu’on peut entrer en politique pour les bonnes raisons, qu’il ne faut pas nécessairement être hypocrite, menteur ou voleur pour y survivre et que l’adjectif «honorable» peut encore s’adosser au mot «député».

Merci Yvon!