Sandra Le Couteur: nostalgie de l’anticipation perdue

La musique et la bonne bouffe ont toujours été au centre des célébrations des Fêtes che Sandra Le Couteur. Même si, depuis quelques années, la chanteuse passe ce moment hors-les-murs de l’Acadie – à Montréal, chez ses fils -, l’épicurienne et amoureuse de la chanson qu’elle est se fait un devoir d’honneur de transmettre ses passions à ses petits-enfants.

Au moment d’écrire ces lignes, Sandra Le Couteur s’activait déjà dans ses fourneaux à préparer quelques pâtés et autres douceurs à partager avec ses proches dans la métropole québécoise.

«En toute franchise, je ne décore plus ici, puisque mon mari et moi allons passer les Fêtes au Québec chez nos enfants. Mais une fois rendu à Montréal, je décore chez mes fils. Je prépare aussi d’autre nourriture durant le temps des Fêtes», indique la diva de Pointe-Alexandre, près de Lamèque.

En plus de garnir la table de condiments, l’interprète agrémente les festivités de sa voix chaude, en mettant même ses petits-enfants à contribution.

«Depuis quelques temps, les Fêtes débutent à 8h du soir avec quelques chansons que je prépare avec les petits. Cette année d’ailleurs, il y aura une surprise à cet égard pour la famille», avance Sandra Le Couteur, se gardant toutefois de vendre le punch avant de l’avoir consommé.

Si l’artiste anticipe avec enthousiasme l’idée de passer Noël avec ses proches et le jour de l’An avec des amis comme c’est désormais la tradition, elle affiche toutefois une certaine gravité lorsqu’elle repense aux Fêtes d’antan.

Durant sa jeunesse, alors qu’elle habitait à Miscou et que «le père Noël n’avait pas encore de GPS» pour trouver son île natale, les victuailles étaient sans fin, tout comme la musique. Noël durait trois jours chez les Le Couteur, raconte la Sandra du lot.

«C’était exceptionnel. Mon père préparait à lui seul le sapin de Noël et même si nous n’avions pas beaucoup d’argent, il y avait toujours une montagne de cadeaux. Comme nous n’avions pas de pont reliant les îles à l’époque, nous célébrions le réveillon avec notre famille proche. Mais dès le lendemain, tout le voisinage se ramassait chez nous et Maman faisait de la bouffe pour tout le monde», confie-t-elle avec un brin de nostalgie.

Le temps est désormais révolu, selon elle, où le faste était de mise. Les familles sont moins grandes et plus éparpillées, puis les enfants et les gens en général peuvent se procurer tout ce qu’ils veulent instantanément grâce à la technologie, plutôt que d’attendre jusqu’à Noël, souligne-t-elle.

«Astheure, on peut tout avoir tout de suite en commandant chez Amazon ou d’autres sites du genre. On a tué le désir de faire et de recevoir des cadeaux, je trouve», se désole-t-elle.

Il y a toutefois une chose sur laquelle l’avancement du temps a eu du bon, insiste Sandra Le Couteur. Grâce à la construction du pont reliant les îles Lamèque et Miscou, les insulaires peuvent circuler plus librement, notamment en cas d’urgence.

«À Miscou, dans ma jeunesse, quand il n’y avait pas de pont, il n’y avait pas de médecin sur l’île. C’est une infirmière – je pense qu’elle s’appelait Gladys – qui était toujours en stand-by durant les Fêtes. Quand quelqu’un tombait malade, que ce soit le jour ou la nuit, c’est elle qu’on appelait», se souvient la chanteuse.

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NDLR: Notre journaliste Martin Roy vous présente une série d’entrevues qu’il a réalisées avec une dizaine d’artistes acadiens et leur rapport avec le temps des Fêtes. Comment comptent-ils vivre cette période cette année? Quels souvenirs de jeunesse conservent-ils de Noël ou du jour de l’An? Comment comptent-il entamer la nouvelle année? Des confidences en toute légèreté et recelant quelques anecdotes savoureuses. À toutes et à tous, un très joyeux Noël et une Bonne Année 2018!