La magie de Noël au service des enfants malades

Chez Patrice Léger, de Caraquet, le temps des Fêtes a une signification bien particulière. Depuis huit ans, l’homme âgé de 73 ans construit un immense village de Noël dans son sous-sol. Son objectif n’est pas de simplement de célébrer la magie de Noël. Ce projet personnel lui a permis de verser plusieurs milliers de dollars à la Fondation de l’Hôpital pour enfants IWK de Halifax.

Le petit village de Noël prend de l’ampleur chaque année et son créateur trouve toujours de nouveaux objets pour le décorer. Il est possible d’y retourner plusieurs fois et de découvrir de nouveaux détails. L’une des attractions principales demeure cependant les trains électriques qui y circulent.

«Mon but est toujours de l’agrandir, mais comme tu vois, il n’y a plus beaucoup de place. Il faudrait quasiment abattre un mur», lance-t-il à la blague.

Afin d’être prêt à accueillir des gens chez lui dès novembre, l’ancien employé du CN commence à se préparer à la fin juillet.

«J’accueille les gens à partir du 1er novembre et je démonte le tout en mars. Il y a des heures et des heures d’ouvrage là-dedans. Des gens me demandent pourquoi je ne le garde pas tout simplement en place, mais j’ajoute toujours plusieurs nouveautés et ce n’est jamais pareil.»

Lorsqu’il a commencé en 2009, Patrice Léger avait toujours l’intention de créer une sorte d’attraction locale pour le plaisir.

«J’invitais mes amis à venir voir. De fil en aiguille, ça continuait à grandir. Ils me disaient que je devrais commencer à demander de l’argent, au moins 2$ par entrée. Je me suis dit qu’il n’en était pas question. Pour beaucoup de travailleurs saisonniers, ce n’est pas évident de payer 2$, alors ils ne viendront pas montrer ça à leurs enfants. C’est autant Noël pour eux que pour nous.»

Il a cependant décidé d’accepter des dons,  qu’il verse annuellement à la Fondation de l’Hôpital pour enfants IWK de Halifax où sa nièce, Marie-Ève Paulin-Léger, recevait des soins. En tout, il réussit à envoyer près de 1500$ par an à l’hôpital, dit-il. Les murs de son sous-sol sont couverts de lettre de remerciement de l’hôpital pour le prouver.

«Ils ont sauvé la vie de ma nièce là-bas. Je me suis dit qu’ils travaillent fort pour ma nièce, moi, je vais faire ça pour l’hôpital.»

Les soins prodigués à Marie-Ève Paulin-Léger, de Bertrand, lui ont sauvé la vie. À l’âge de 6 ans, des médecins ont découvert un craniopharyngiome, une tumeur bénigne qui se développe dans le cerveau.

«Je m’en rendais compte parce que j’étais souvent très malade. J’avais des nausées, des vomissements et des maux de tête chaque matin. Ç’a duré une certaine période de temps, après j’allais un peu mieux, mais l’année d’après, c’est revenu», raconte la jeune femme de 23 ans.

Cela peut paraître surprenant, mais son séjour à l’hôpital lui a permis de découvrir une passion. Depuis 2016, Marie-Ève Paulin Léger travaille comme infirmière à l’Hôpital régional Chaleur, à Bathurst.

«Toute petite, j’étais intéressée par la santé, même avant qu’ils trouvent ma tumeur. À Halifax, ils font en sorte d’adoucir les interventions avec les enfants. Comme la santé m’intéressait, d’une drôle de façon j’ai apprécié l’expérience. Des intervenantes venaient souvent me montrer à l’avance comment les interventions allaient se passer sur des poupées. Ça me faisait triper de voir ça.»

Aujourd’hui, elle continue d’être inspirée par le projet grandiose de son oncle Patrice.

«C’est vraiment touchant. Je sais qu’il le fait pour tous les petits enfants malades qui ont besoin de cet argent.»