Nos foyers de soins sont-ils sécuritaires?

Après l’incident survenu récemment dans un foyer de soins au complexe Les Jardins de l’Aubade, à Montréal, au cours duquel un résident, en fauteuil roulant et armé d’un fusil, a fait feu sur une infirmière, on peut se demander comment ceci a-t-il pu arriver. On dit que l’arme en question était même enregistrée, et donc légale…

            Pas très rassurant d’apprendre qu’une arme à feu, même enregistrée, était permise à l’intérieur des murs d’un foyer de soins pour retraités.

            Est-ce-que la victime craignait une telle attaque? On dit qu’elle avait reçu des menaces, à plusieurs reprises, de la part de ce même résident. Probablement qu’elle ne le prenait pas au sérieux, c’est évident! Cette infirmière oeuvrait dans ce complexe pour personnes âgées depuis son ouverture il y a quatre ans.

            On a tenté de rassurer les résident(e)s et les membres de leurs familles, en déclarant que le résident en question va subir un examen psychiatrique. Quelle rassurance, en effet!

            Ce porteur de fusil était-il paranoïaque? Est-ce qu’il se sentait menacé par la présence d’une infirmière qui voulait l’envoyer dans un hôpital? Si l’infirmière en question, la victime, voulait l’envoyer à l’hôpital, c’est quelle devait juger qu’il avait besoin de soins spécialisés, probablement des soins psychiatriques à long terme.

            Les réponses à ces questions devront être fournies, non seulement par le biais d’un examen psychiatrique, mais également par les dirigeants du complexe Les Jardins de l’Aubade. De plus, il serait important de savoir pourquoi un fusil de chasse était en la possession du dit résident, octogénaire, lors de l’incident – qui aurait pu être mortel. Heureusement, l’infirmière se remet de ses blessures.

            Ceci nous amène à se demander quel genre de sécurité existe pour les résidents et résidentes dans nos propres foyers de soins. On parle souvent des commodités disponibles à l’intérieur d’un foyer, mais on parle rarement des effets personnels permis par les dirigeants à l’intérieur des chambres individuelles. S’il le faut, une inspection des effets personnels devrait être effectuée «à la loupe» et discrètement, surtout lorsqu’il s’agit de menaces de mort proférées par un résident envers un membre du personnel soignant.

            Espérons que cet incident est une mise en garde pour les dirigeants des foyers de soins contre une telle éventualité.