Vive sainte Anne

«Je te cherche dans le journal. J’ai repassé quatre fois d’un couvert à l’autre. Où es-tu?»
Ne cherchez pas autant! Parce que je ne suis pas toujours là cet été. Moi aussi je fais la chronique buissonnière. Cela me permet d’être plus présent ailleurs. Je suis avec mes neveux, avec mes livres, avec mes paroissiens. Je croque dans l’été, même s’il me semble moins savoureux cette année à cause des caprices de Dame Nature. J’essaie de prendre le temps pour nourrir mes liens avec mes amis et ma parenté, avec la famille humaine et même spirituelle. Le calendrier liturgique de l’été nous permet de rencontrer des géants de notre histoire sainte. 
Anne, ma sœur Anne
Elle me poursuit toujours celle-là. Lorsque j’ai quitté les rives de la baie de Caraquet où elle est installée dans la plus belle partie de la ville, je croyais que les occasions de la fréquenter seraient moins nombreuses et que le temps viendrait mettre à l’épreuve ce qui nous unissait. Mais la revoilà ici encore. Elle est installée dans la paroisse voisine, avec les Premières Nations qui l’aiment autant que moi, autant que mon peuple.
Le protoévangile de Jacques nous dit qu’elle était l’épouse de Joachim et la mère de Marie. Ils étaient des «pauvres de Yahvé». Une manière de désigner ces gens justes, honnêtes, droits et simples, qui n’avaient de richesse que de s’abandonner à la Providence.
De sainte Anne, on ne sait rien de plus! Nous en savons si peu qu’elle est difficilement imitable. Comment comprendre qu’elle soit proposée comme modèle et que tant de gens se confient à elle? La dévotion à Anne serait-elle l’objet d’une littérature pieuse sans véritable fondement? 
Il y a d’autres saints dont nous savons peu de choses: pensez à Joseph… qui est pourtant patron de tant de monde. J’ai lu à l’Oratoire que ce peu de données (sur Joseph, sur Anne, sur Joachim, et sur tant d’autres) nous permet de comprendre la dévotion autrement. 
La vie conjugale de Anne et Joachim fournit un cadre.  Marie a vécu une existence quotidienne dans un milieu humble qui n’a pas laissé de souvenirs particuliers.  Jésus a vécu avec des grands-parents dont nous n’avons que les noms. Mais cela ne suffit-il pas pour inspirer et fournir un modèle? Chaque époque doit réviser l’idéal et revoir ce que ça veut dire être épouse, mère et grand-mère à partir de ses représentations de conjoint, parent et grands-parents excellents.
L’extrême simplicité du cadre peut s’avérer être une chance. Si nous avions des renseignements précis, nous serions peut-être portés à imiter servilement la vie d’une autre époque. N’ayant pas tellement d’information et sachant que Anne a vécu sans éclats, nous sommes renvoyés à inventer notre propre quotidien à l’intérieur de ce cadre.
Les bienfaits du pèlerinage
Sainte Anne inspire des gens comme elle: des gens ordinaires qui cherchent à être fidèles à leur vocation, même si leur mission leur semble humble et sans envergure. Elle forme des gens à son image, elle est la matrice du «bon monde». Ceux qui ont la foi croient qu’il existe «derrière» le monde visible un autre monde, ou des personnes vivant maintenant en Dieu; ces personnes peuvent se rendre présentes à nous de différentes manières et inspirer nos gestes.
Prenons un exemple. Un grand-père se demande s’il doit intervenir dans la vie de sa petite-fille.  Il se rend au sanctuaire pour faire brûler un lampion et faire une demande. Il revient pacifié, et persuadé qu’il a trouvé ce qui est juste de faire.  Cela est le fait de combien de grands-parents!  Il ne s’agit pas d’exagération.  Et on pourrait aller plus loin. 
Le grand-père qui revient confiant et comblé n’a pas seulement été pacifié par un repos à l’écart, mais il a été éclairé. Éclairé par qui? Par lui-même, en un temps de repos, ou plus profondément, pour les yeux de la foi, non seulement par lui-même, mais aussi par quelque parole ou idée qui lui est venue. D’où l’idée lui est-elle venue?  De lui-même ou de Celle qu’il a priée dans le silence devant Dieu?
À chacun de faire le partage. Quoiqu’il en soit, un pèlerinage à Sainte-Anne permet de vivre le quotidien, de penser l’éducation des enfants et d’être éclairé pour bâtir la fraternité humaine. Pour moi, la référence à sainte Anne permet d’orienter nos vies vers Dieu et les autres.
Je vais continuer à fréquenter ces lieux de pèlerinage. Après Sainte-Anne-du-Bocage, il y a aussi le monument de l’Assomption à Rogersville. Ce sera mon prochain pèlerinage. Je reviendrai vous en parler à l’occasion de notre fête nationale. D’ici là, bon été! Bon Congrès mondial acadien!
Quelques événements de la semaine
Remarqué que c’est aujourd’hui, 25 juillet, la fête de saint Jacques. Son sanctuaire à Compostelle est devenu une référence quant aux pèlerinages. Des pèlerins ont trouvé en lui leur patron!
Prévu souligner la fête de sainte Anne demain. Près de chez vous, il y a sûrement un lieu de pèlerinage. Outre le sanctuaire du bocage où Mgr Vienneau présidera, des célébrations auront lieu partout où Anne est patronne: au Madawaska, dans le comté de Kent, chez les francophones de Fredericton, chez les autochtones de Burnt Church et Pointe-à-la-Croix, etc.
Qualifié la première partie de mon été comme la saison des crevaisons. J’en ai eu neuf au total. Oui! Oui! Huit à vélo et une en voiture. Heureusement que j’ai pu compter sur l’aide de «bons Samaritains». Mais à l’ère de la méfiance de l’étranger, ils sont rares à s’arrêter sur les routes.
Pensé que pour survivre à la deuxième moitié de l’été, il faudra avoir de bons pneus. Parce qu’on va se déplacer dans la Péninsule d’une ville à l’autre et d’une activité à une autre. L’Église a sa place au cœur du CMA. Des déjeuners-prières animés par des artistes auront lieu dans les régions de la Péninsule. Des billets sont disponibles dans les presbytères de la Péninsule.