Le pouvoir du peuple est puissant

Le gouvernement de Shawn Graham semble inquiet. À plusieurs reprises, à la suite de mesures gouvernementales fort impopulaires, il a dû modifier ou annuler certaines de ses décisions. Pourquoi a-t-il ainsi reculé? C’est grâce au peuple qui s’est mobilisé en faisant des démonstrations publiques, en manifestant son désaccord par des lettres dans les journaux. Le gouvernement a écouté et nous le félicitons.

            Qu’on mentionne quelques exemples. D’abord, quand le ministre de l’Éducation a voulu abolir le programme d’immersion précoce, de nombreuses protestations se sont organisées pour témoigner de leur désaccord. Après une assez longue réflexion, le ministre modifia son approche et la paix sociale s’est rétablie.

            Toujours avec le même ministre Lamrock qui a forcé les conseils d’éducation à réduire le nombre de personnes oeuvrant dans les bibliothèques scolaires et en intervention, le nouveau ministre Roland Haché a décidé de maintenir ce personnel jugé essentiel.

            Avec l’ancien ministre, Mike Murphy, qui a réformé de fond en comble le système des régies régionales, d’autres boucliers se sont soulevés. 

            Quant aux réductions d’impôts de plusieurs millions de dollars, là aussi, les contribuables n’ont pas été neutres. Ils préfèrent payer afin de maintenir les services publics. Augmenter les impôts est souvent perçu comme étant négatif, mais le contraire n’améliore pas pour autant la popularité des dirigeants.

            Voyant son gouvernement tomber rapidement dans les sondages, notre premier ministre a procédé à un important remaniement ministériel. Quatre  gros canons changent de portefeuilles, Murphy, Lamrock, Burke et Boudreau. La semaine dernière, l’ancien ministre de la Justice, l’honorable Burke, a annoncé qu’il quittait son nouveau ministère d’Environnement.  

            Tout pour dire que le peuple, lorsqu’il parle par des gestes signifiants, lorsqu’il se lève et montre qu’il n’est pas indifférent, prouve qu’il est détenteur d’un énorme pouvoir public.  Avis donc à tous les gouvernements!

Alcide F. LeBlanc