La vie publique est-elle pour vous?

Encore une fois, il y a des élections dans l’air. Les résidants de l’Ontario, de l’Î.-P.-É., du Manitoba, des Territoires du Nord-Ouest et de T.-.N-L. sont récemment allés aux urnes pour élire les députés de leur province. Dans quelques semaines, ce sera le tour des gens de la Saskatchewan. Le Nouveau-Brunswick retournera aux urnes le 14 mai 2012, cette fois pour élire les maires, les conseillers et les conseillères des 101 villes et villages de la province, ainsi que les représentants des conseils d’éducation de district.
Si on m’avait dit il y a quatre ans, en octobre 2007, que je me présenterais aux élections municipales de la Ville de Dieppe en mai 2008, cela m’aurait fait rire. C’est drôle comme les choses changent parfois…
À l’approche des élections municipales de 2012, j’espère qu’un grand nombre de Néo-Brunswickois et de Néo-Brunswickoises de tous les horizons songeront sérieusement à consacrer leur temps à titre de conseillers municipaux ou de conseillères municipales, de maires et de conseillers ou conseillères d’éducation de district.
Pourquoi est-ce important? S’il n’y a personne pour occuper ces fonctions publiques, notre système démocratique ne peut fonctionner. Il y a des décennies, Alexander Woolcott, ancien commentateur au magazine The New Yorker, a affirmé: «J’en ai assez d’entendre dire que la démocratie ne fonctionne pas. Évidemment qu’elle ne fonctionne pas. C’est notre devoir de la faire fonctionner.» (Traduction libre) Ces paroles de M. Woolcott résonnent encore aujourd’hui – notre démocratie ne sera efficace que si nous y investissons.
J’ai passé en revue le Rapport du directeur des élections municipales de mai 2008 et j’y ai trouvé des statistiques révélatrices:
– 53 personnes candidates à des postes de maires ont été élues par acclamation et seulement 51 postes de maires ont été pourvus par scrutin électoral;
– 110 personnes candidates aux postes de conseillers ont été élues par acclamation et les postes de conseillers dans tous les quartiers ou quelques quartiers de 90 communautés ont été pourvus par scrutin électoral;
– Les maires et les conseillers de 14 communautés ont tous été élus par acclamation;
– Les postes de 10 conseillers dans sept municipalités étaient vacants et ont été pourvus au cours d’élections partielles;
-17,5 % de toutes les personnes candidates au poste de maire étaient des femmes; 26 % de toutes les personnes candidates au conseil étaient des femmes.
Les élections aux conseils d’éducation de district dans la province brossent le même tableau:
– Un total de 86 personnes candidates dans 84 sous-districts ou zones ont été élues par acclamation;
– Des élections ont eu lieu dans seulement 35 sous-districts ou zones;
– 36 postes sont demeurés vacants dans 35 sous-districts et une zone; ces postes ont par la suite été pourvus par nomination ministérielle.
Lors des élections municipales, en moyenne 48 % des électeurs néo-brunswickois admissibles ont exercé leur droit de vote (moyenne de 48 %, variant entre 28 % et
77 % selon la municipalité).
Ces statistiques ne dressent pas le portrait d’une saine démocratie. On a obtenu des statistiques comparables sur la participation au scrutin lors des récentes élections provinciales. En Ontario, 49,2 % des électeurs admissibles ont exercé leur devoir civique de vote. Seulement 57 % des Manitobains ont voté lors de leurs élections provinciales. Aux Territoires du Nord-Ouest, la participation a été la plus faible en 10 ans. En effet, 47,8 % des électeurs admissibles sont allés voter. La participation des électeurs à l’Î.-P.-É. était relativement élevée, soit 76 %. Néanmoins, il s’agissait du plus faible taux de participation dans la province depuis au moins 1966.
Jusqu’où la participation électorale doit-elle sombrer avant que nous nous décidions d’agir? Il s’agit là d’un sujet pour une autre chronique. Je me souviens du bon vieux temps lorsque la vie politique était tenue en haute estime. Il semble que cela ne soit plus le cas aujourd’hui.
Dans l’ensemble, mon expérience personnelle au conseil municipal a été positive. Il s’agit d’une occasion de travailler avec d’autres représentants élus et les employés de la Ville pour offrir des services publics essentiels aux résidants qui vivent et qui travaillent dans sa localité. Au niveau municipal, ces services comprennent, entre autres, la planification urbaine, les services de police et d’incendie, la collecte des ordures, le transport en commun, le développement économique, les services récréatifs et des parcs, les services de bibliothèque, les services d’eau et d’égouts et j’en passe. Les gouvernements municipaux jouent un rôle important dans la société.
Le temps investi dans la participation aux comités et réunions du conseil en vaut vraiment la peine. Les représentants élus ont la chance de façonner l’orientation que prendra la municipalité.
Il nous faut de bons candidats issus de tous les horizons et de tous les milieux. Il faut que des hommes et des femmes et que des candidats et candidates jeunes et moins jeunes se présentent. Bref, il est important que les représentants élus soient un microcosme à l’image de la société dans son ensemble. Selon mon expérience à Dieppe, la diversité du conseil municipal mène à de meilleures décisions. La diversité nous permet de tenir compte de diverses perspectives avant de prendre des décisions. Il en va de même pour les autres ordres du gouvernement et pour les représentants aux conseils d’éducation de district.
Voici ce que je souhaite pour les élections municipales de 2012:
– Au moins 30 % de tous les candidats aux postes de conseillers et de maires sont des femmes, comme le recommande la Fédération canadienne des municipalités;
-Que des candidates et des candidats de tous les horizons et de tous les milieux se présentent;
– Aucun poste ne reste vacant au terme des élections, parce que personne ne le voulait;
– Nombre moindre de candidats élus par acclamation faute de concurrents;
– La participation au scrutin atteint des niveaux records, surtout chez les jeunes électeurs.
Même si vous décidez que la vie publique n’est pas pour vous, vous pouvez tout de même participer aux élections municipales de 2012 en votant pour vos candidats préférés et en encourageant vos amis et vos voisins à faire de même. Aussi, si vous connaissez quelqu’un qui s’intéresse peut-être à la vie publique, encouragez cette personne à se porter candidate. On ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve. C’est ce qui s’est passé dans mon cas. Si personne ne me l’avait proposé, je ne siégerais pas au conseil municipal aujourd’hui.