Vous êtes né différent de tous les autres

Garçon ou fille, maigre ou dodu, blond ou brun, vous étiez une perfection miraculeuse parce que vous n’étiez rien de moins que vous-même. Et puis, c’est arrivé: vous avez vieilli. Vous avez cessé d’être vous-même pour devenir poli. Vous avez arrêté de demander ce que vous vouliez pour commencer à demander la permission.

Vous êtes unique… c’est ce que votre maman vous a toujours dit, mais le croyiez-vous vraiment? Acceptez-vous vraiment d’être différent de tous les autres? Que vous soyez travailleur autonome ou employé sur une chaîne de montage, prenez-vous ce risque? Voulez-vous vraiment vous démarquer des autres? Quels efforts volontaires faites-vous pour que l’on vous remarque? Quels efforts faites-vous pour ne pas être remarqué?

L’économie d’aujourd’hui valorise l’entrepreneuriat, et cela n’est pas vain. Pour réussir à percer, à faire valoir une idée, à la matérialiser pour qu’en fin de compte il se crée des emplois, il faut avoir la «couenne» épaisse! L’entrepreneuriat est en quelque sorte… l’ultime succès du marché du travail. Mais un copain me disait qu’il ne faut pas, par contre, trop flatter les entrepreneurs… «D’accord, ce sont des gens très brillants, de forts travailleurs, débrouillards aux compétences diverses et généralement de bons employeurs… mais souvent, ils ne peuvent pas travailler pour d’autres… c’est pour cela qu’ils sont leur propre patron!» Cette anecdote est simplement pour ne pas oublier qu’il ne faut rien enlever aux nombreux travailleurs sur lesquels un entrepreneur peut toujours compter; la femme ou l’homme qui produit, de jour en jour les tâches qui génèrent les profits de l’entreprise. Tout de même, l’entrepreneuriat est à la source de tous les emplois. Même les plus grandes entreprises
sont issues d’un esprit entre­preneurial, et en ce sens, il faut de fait, saluer bien bas les gens d’affaires qui soutiennent nos communautés.

Mais le monde du travail change à la pulsation des nouveaux défis qui se présentent. D’une part, les forces socioéconomiques repositionnent le travailleur et créent de nouvelles formes de travail. Ainsi, dans le monde du travail actuel, l’individu peut combiner différentes formes de travail. Il peut être travailleur autonome, se donner au travail partagé ou augmenter ses revenus par du travail contractuel qui peut prendre la forme de services de consultant ou d’agent. D’autre part, les services et expertises qui étaient jadis nécessaires deviendront dans un proche avenir désuets, car il faut bien en faire le constat… les nouvelles solutions ne pourront pas être produites à partir des mêmes méthodes, et c’est pour cela, je crois, que l’avenir des réseaux sociaux est assuré… pour autant que les technologies en assurent leur pérennité! S’est-il créé une autre forme de dépendance? Mais cela est le sujet d’une autre chronique.

Alors, dans ce nouvel environnement plus intense que jamais, dans ce marché du travail qui sacrifie ces vieilles valeurs et traditions pour refuser le statu quo, quel est votre avantage? Quelle est votre particularité? Qui, de tous ces chômeurs, trouvera l’emploi? Qui, de ces travailleurs autonomes, obtiendra les contrats? Quel travailleur sera promu? Pour vous démarquer de la foule, il importe que vous activiez votre avantage concurrentiel ultime: soit celui «d’exprimer votre personnalité la plus authentique. N’acceptez jamais de compromis au sujet de vos avantages innés». Personne ne l’a mieux dit que la chanteuse de country américaine, Dolly Parton: «Trouvez qui vous êtes et puis faites-le volontairement».

La semaine prochaine… L’importance de la formation au travail.

— Les VÉRITÉS RADICALES et photos présentées dans cette chronique sont tirées de l’ouvrage Gestion de carrière radicale- Septembre éditeur (c) 2008, traduit de: Radical Careering, par Sally Hogshead
Reno Michel Haché, M.Éd est Conseiller principal de la formation en milieu de travail pour l’équipe R2 Ressources humaines. Envoyez vos commentaires et questions à Reno.Michel@r-2.ca