Quelles exigences exemplaires!

 Nous pouvons dormir en paix! Si les entreprises gazières opèrent sur nos terrains sans nous prévenir, si elles ne respectent pas les quelques règlements faiblards existants, si elles opèrent dans une municipalité sans avoir demandé et obtenu un permis, le ministre des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, M. Bruce Northrup, exigera des excuses! Vraiment?

Bien sûr, le ministre Northrup veut claironner le message qu’il s’intéresse et qu’il surveille ce que font les entreprises gazières au Nouveau-Brunswick. Ainsi, la compagnie Windsor Energy, à qui le gouvernement du Nouveau-Brunswick avait accordé un permis d’exploration, n’a pas jugé bon d’obtenir un permis de la ville de Sussex avant de poursuivre ses activités à l’intérieur des limites de la ville. C’est la ville natale de M. Northrup. Les habitants de Sussex ont un penchant favorable pour leur député qui les représente depuis 2006.
Selon ce que rapporte un quotidien anglophone de la province, les gens de Sussex sont ravis de l’activité économique de la région. La mine de potasse a procédé à des travaux d’agrandissement et de modernisation de ses installations d’une valeur d’un milliard de dollars. La région est aussi une cible importante des entreprises gazières, dont Windsor Energy, qui croient pouvoir y exploiter des gisements potentiellement importants de gaz de schiste. Les habitants de la région de Sussex veulent croire que cette industrie émergente deviendra elle aussi une source de prospérité additionnelle.
Mais, comme la plupart des citoyens du Nouveau-Brunswick, les gens de Sussex ne sont pas prêts à accepter que les entreprises gazières procèdent à leur guise sans respecter la règlementation qui doit encadrer leurs activités. Ils croient que leur député et ministre « fait ce qu’il peut » dans le dossier du gaz de schiste.
Je veux bien croire que M. Northrup fait ce qu’il peut. De deux choses l’une. Soit le fait qu’il soit réduit à « exiger des excuses » illustre que la règlementation provinciale en matière d’exploration et d’exploitation du gaz de schiste est déficiente; elle n’a pas de dents. Ou bien, par crainte de compromettre le développement économique dans sa circonscription, M. Northrup se contente de manifester son mécontentement, par principe.

Chose certaine, cet incident apparemment anodin n’annonce rien de bon pour l’avenir. Il ne semble pas y avoir de volonté politique réelle pour encadrer de façon crédible l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste au Nouveau-Brunswick.