Quand on perd le Nord

Dans la nuit de vendredi à samedi, le chantier de construction du futur abattoir de Westco a été victime d’un incendie criminel, selon les premières constatations de la Gendarmerie royale du Canada.
Il est extrêmement dommage de constater qu’une rivalité entre deux entreprises commerciales, ce que les médias ont étiqueté comme la guerre du poulet,  aboutisse sur de tels gestes.
Bien sûr, tout ce dossier exerce une pression énorme sur les travailleurs, et leurs familles, affectés par la rivalité entre Nadeau Ferme avicole et le groupe Westco. Chaque camp est convaincu de la légitimité de sa position et de ses décisions. Toutefois, une chose est claire. De manifester son insatisfaction, son jugement ou sa frustration en utilisant le feu comme moyen de pression ne constitue pas une action légitime. C’est un geste condamnable à tous points de vue.
Selon l’article 434 du Code criminel du Canada, « Est coupable d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de quatorze ans quiconque, intentionnellement ou sans se soucier des conséquences de son acte, cause par le feu ou par une explosion un dommage à un bien qui ne lui appartient pas en entier. » Le geste est donc grave. Il est grave et il n’est pas justifié et, surtout, il ne contribue d’aucune façon à améliorer le sort des gens qu’on prétend défendre par un tel geste.
Il serait important de calmer la joute oratoire qui se livre dans ce dossier. On peut ne pas être d’accord avec la décision de Westco de bâtir un nouvel abattoir, on peut juger qu’une nouvelle règlementation est nécessaire pour régir le commerce du poulet au Nouveau-Brunswick. Il reste que toutes les instances judiciaires et parajudiciaires qui ont été saisies du dossier ont, essentiellement, ouvert la voie au Groupe Westco quant à la légitimité de sa décision de procéder à la construction de son abattoir.

Personnellement, je déplore que le Groupe Westco et Nadeau Ferme avicole n’aient pas réussi à s’entendre. Les deux parties ont leurs raisons pour avoir décidé de ne pas signer d’entente. C’est leur droit. Malheureusement, des centaines de familles sont directement affectées par ce conflit commercial. Elles sont les victimes d’un conflit monté en épingles, et elles subissent directement les séquelles d’un conflit qui aurait mérité d’être évité.