Le blâme nous appartient

La publication en anglais seulement d’une biographie de M. Roméo LeBlanc, signée par Naomi Griffiths, a engendré quelques commentaires ce matin (lundi, 21 novembre). On blâme l’éditeur de ne pas avoir mis à la disposition du public une version française de l’ouvrage, The Golden Age of Liberalism, A portrait of Roméo LeBlanc, qui rappelle le parcours du grand humaniste que fut M. LeBlanc.
Je dois vous partager mon étonnement à ce sujet. Voici pourquoi.
M. LeBlanc est décédé il y a près de deux ans et demi, en juin 2009. Son état de santé précaire quelques années avant sa mort était connu dans les milieux sociaux et politiques acadiens et, en ce sens, on ne peut pas affirmer que la nouvelle de sa mort avait été une surprise.
Le brillant parcours de M. LeBlanc avait été souligné, entre autres, dans un article de l’Acadie Nouvelle, publié le 25 juin 2009 sous le titre, « Un héritage empreint d’humanité ». L’auteure de sa biographie, Mme Griffiths, avait d’ailleurs été citée. Voici ce qu’elle avait déclaré au journal : "J’espère que l’héritage qu’il lègue est la foi comme Acadien et comme Canadien. La foi que le Canada est une place pour des gens qui ont des racines et des histoires de toutes sortes, mais qui avec un peu de bonne foi, peuvent bâtir une société politique qui aide les gens à mener une vie humaine. Il s’est toujours demandé comment on pouvait rendre la vie meilleure pour ceux qui avaient de la difficulté. Pour moi, c’est une grande marque de lui". 
L’universitaire et chercheur bien connu, M. Donald Savoie, avait confié au journal pour le même article : "Il lègue l’idée que le politicien devrait toujours œuvrer pour ceux qui ont eu moins de chance dans notre société. Il a été un grand admirateur de Louis J. Robichaud et de son programme de Chances égales pour tous, cela l’a défini. Il a toujours voulu faire la promotion de ce programme, ce qui explique qu’il a toujours souhaité aider les Acadiens sans faire les manchettes."
Journaliste, professeur et politicien, M. LeBlanc a laissé sa marque un peu partout dans les archives de la vie acadienne. Malgré la présence en Acadie tant de quelques maisons d’édition que de plusieurs auteurs, personne d’entre nous n’a pris l’initiative de rédiger une biographie d’un homme au parcours pourtant remarquable, riche en expériences qui ont marqué notre histoire récente.

C’est pourquoi il est étonnant qu’on blâme l’éditeur de ne pas avoir publié une version française du livre de Mme Griffiths. Le blâme repose plutôt sur nous, la collectivité acadienne, de ne pas avoir eu le reflexe d’être les premiers à réaliser un ouvrage sur l’un des piliers de notre communauté.