Un entêtement embarrassant

 L’entêtement du président de la Commission d’épuration des eaux usées du Grand Moncton, Me Ronald LeBlanc, à rester à son poste devient de plus en plus embarrassant pour le gouvernement Alward, et son ministre et député de Moncton, Mme Marie-Claude Blais.

Les démissions de plusieurs administrateurs du conseil d’administration de la Commission, dont faisait état hier soir au TJA le journaliste de Radio-Canada Acadie, Luc Lapointe, constituent un symptôme éloquent du malaise qui existe et qui persiste à la Commission.
Il est incompréhensible que M. LeBlanc ne prenne pas l’initiative de démissionner à la suite du rapport de la vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick, ne serait-ce que pour manifester sa compréhension des pratiques usuelles de bonne gouvernance. Ultimement, le gouvernement du Nouveau-Brunswick n’aura pas le choix : il devra agir sur les recommandations de la vérificatrice générale, à moins qu’il ne veuille envoyer le message à l’électorat que les considérations partisanes prévalent sur les pratiques de bonne gouvernance.
S’il se peut que les motifs de l’ancien ministre de l’Environnement, Roland Haché, de procéder à l’examen des activités et des finances de la Commission aient été de nature partisane, les conclusions de la vérificatrice générale, elles, ne le sont pas.  Quand Me LeBlanc affirme être victime d’une vendetta politique, il s’attaque à l’intégrité professionnelle de la vérificatrice générale. À cet égard, il est isolé dans son camp, du moins en ce qui concerne l’opinion publique.
Quiconque a lu le rapport de la vérificatrice générale, et qui connaît les pratiques élémentaires en matière de bonne gouvernance, ne peut que convenir qu’il était tout à fait pertinent que Mme McPherson relève l’anomalie que constitue l’absence d’une durée délimitée du mandat des administrateurs de la Commission. Avocat de profession, Me LeBlanc doit certainement  savoir que la durée délimitée d’un mandat d’administrateur est un article courant de la constitution de la plupart des organismes.
Si le gouvernement ne bouge pas, d’ici la fin du mois de décembre, le problème de gouvernance à la Commission sera intenable : l’absence d’administrateurs suffisants pour avoir le quorum laisserait la Commission sans conseil d’administration doté d’autorité légitime. Il me semble que le gouvernement Alward ne peut laisser la situation se détériorer à ce point, étant donné le budget très important de la Commission et la mission cruciale qu’elle assume dans le grand Moncton. La balle est dans la cour du gouvernement, puisque M. LeBlanc choisit d’ignorer l’existence même de la balle…