La négligence qui tue

L’électricité et l’eau ne font pas bon ménage quand une personne en est le trait d’union : pensez à ces scènes clichés de personnes tuées dans une baignoire quand un séchoir de cheveux y est immergé.
Il y a bientôt un an, le 5 janvier 2010, le jeune Patrick Desjardins avait les deux pieds dans l’eau du plancher de Wallmart à Grand-Sault quand il le nettoyait à l’aide d’une polisseuse branchée à une rallonge électrique défectueuse. Ce n’est évidemment pas l’adolescent qui a choisi l’équipement avec lequel il devait s’acquitter de la tâche qu’on lui avait confiée. Il a entrepris sa tâche
Je n’ai aucun doute sur l’authenticité du regret exprimé par la direction de Walmart à propos de cet accident de travail qui a entrainé la mort du jeune Patrick Desjardins.  Il reste que la négligence qui vaut à cette entreprise une mise en accusation par Travail sécuritaire Nouveau-Brunswick laisse perplexe.
Une rallonge électrique est une pièce relativement peu coûteuse… surtout chez Wallmart qui se targue d’avoir les meilleurs prix en ville. Étant donné le danger évident que représente une rallonge électrique, il est incompréhensible qu’une pièce comme celle-là n’ait pas été remplacée. Sans doute que les procédures judiciaires à venir nous en apprendra davantage.
Un mois avant le tragique accident à Grand-Sault, Adam Harris, un jeune éboueur de 25 ans à l’emploi Dominion Refuse Collectors, a perdu la vie le 2 décembre quand il a été écrasé par un gros bac à déchets durant son chargement à l’arrière du camion à déchets. Selon ce qu’on comprend du communiqué de Travail sécuritaire Nouveau-Brunswick, c’est un défaut dans le mécanisme de verrouillage du bac qui a provoqué la chute du gros bac en métal qui a écrasé le jeune Harris. Son employeur devra lui aussi faire face à des procédures judiciaires pour répondre aux accusations d’avoir omis de se conformer à la Loi sur l’hygiène et la sécurité au travail.
Ces deux accidents, comme c’est malheureusement trop souvent le cas, comporte un élément de négligence, ou du moins d’insouciance à propos de ce qui est perçu comme un détail. Ce n’est pas une question de coûts associés à la mesure corrective, c’est surtout une forme de complaisance où on s’accommode de mauvaises pratiques jusqu’à ce que l’irréparable arrive.

Reste maintenant à voir quel prix les employeurs accusés paieront pour ne pas s’être conformés aux dispositions de la loi. Il devrait être suffisamment élevé si on veut que ces dispositions soient prises au sérieux et dissuader les employeurs d’abandonner la vigilance qui s’impose en tout temps.