La prétention et le mérite

Le Premier ministre Stephen Harper, dans une entrevue avec la télévision hier soir, s’est attribué le crédit d’avoir augmenté les transferts de fonds fédéraux en santé. À son arrivée au pouvoir, a-t-il rappelé, les transferts fédéraux aux provinces pour la santé étaient de 19 milliards de dollars. Ils sont maintenant de 27 milliards, et ils atteindront 40 milliards d’ici quelques années.
Il néglige cependant de souligner que cette augmentation des transferts fédéraux découle d’une entente avec les provinces qui a été mise en vigueur en 2004, et qu’elle était valable pour dix ans. C’est dans cette entente de transferts de fonds que le Gouvernement du Canada s’engageait à verser une augmentation annuelle de six pour cent des transferts de fonds fédéraux aux provinces en matière de santé, d’où l’augmentation des montants annuels transférés.
Le mérite et le crédit du gouvernement de M. Harper, c’est de s’être engagé à maintenir l’augmentation annuelle de six pour cent jusqu’en 2017, trois ans au-delà de l’échéance de l’entente actuellement en vigueur. Toutefois, en ce qui concerne les augmentations des transferts de 2006 à aujourd’hui, ils ne sont pas attribuables à une initiative du gouvernement Harper, mais bien au gouvernement précédent, le gouvernement Martin qui avait signé cette entente avec les provinces.
Je dois vous confier que j’ai été surpris de voir Peter Mansbridge ne pas relever cette prétention du Premier ministre Harper.
Par contre, sur la question du financement « étranger » des porte-parole en matière environnementale qui se présenteront aux audiences d’examen du projet de l’oléoduc North Gateway, Mansbridge a mis le Premier ministre face à une contradiction flagrante.
Le Premier ministre Harper a répété ce qu’un de ses ministres avait déjà déclaré : il est inadmissible que des groupes qui s’opposent à l’oléoduc sont financièrement appuyés par des sources de financement de l’extérieur du pays. À juste titre, Mansbridge a signalé que le projet est promu par des intérêts étrangers, dont la Chine qui a investi au cours des récentes années des milliards dans les sables bitumineux de l’Alberta. C’est pour transporter vers la côte du Pacifique le pétrole extrait des sables bitumineux que l’industrie pétrolière veut construire cet oléoduc. Alors pourquoi l’argent de pays étrangers est-il déploré quand il s’agit d’exprimer des préoccupations en matière d’environnement, mais qu’ils sont les bienvenus quand il s’agit de l’industrie pétrolière? Parce que ces investissements de l’industrie pétrolière créent des emplois au Canada, a répliqué le Premier ministre.

Tirez vos conclusions.