Si on croit à la valeur de l’éducation

En 2007, quand la Commission sur l’éducation postsecondaire au Nouveau-Brunswick remettait son rapport final, on pouvait y lire ce qui suit :
« … les étudiants universitaires du Nouveau-Brunswick sont au deuxième rang au Canada pour ce qui est du paiement des droits de scolarité, et ce, après la Nouvelle-Écosse. Le Nouveau-Brunswick est reconnu comme province où l’endettement étudiant est élevé. L’étudiant universitaire moyen de premier cycle ayant contracté un prêt du gouvernement doit 32 000 dollars. » (1)
C’est sans doute ce qui avait motivé les scribes du Parti conservateur du Nouveau-Brunswick, à la rédaction du programme électoral intitulé « Le Nouveau-Brunswick d’abord…pour un changement », d’aborder le sujet pour l’élection de 2010. On y lisait, à la page 22 :
« Les progressistes-conservateurs sont engagés à ce que nos jeunes reçoivent la meilleure éducation postsecondaire possible. Nous reconnaissons que cela est aussi une composante essentielle pour créer des perspectives pour la croissance de l’emploi et l’emploi par le biais d’une économie axée sur l’innovation. C’est également un facteur clé pour garder notre jeunesse ici, au Nouveau-Brunswick, et fournir des possibilités de perfectionnement personnel. »
Malgré la justesse de cette vision et de ces propos, à son premier budget le gouvernement Alward a pris des décisions qui vont plutôt à l’inverse. Il a aboli le programme qui avait été mis en place par son prédécesseur pour l’établissement d’un plafond d’endettement étudiant. Par-dessus le marché, on a réintroduit dans le calcul d’admissibilité des prêts étudiants le revenu des parents. Les deux mesures contribuent à endetter davantage les étudiants.
Pourtant, non seulement le Nouveau-Brunswick compte parmi les provinces où le revenu personnel disponible par habitant est parmi les plus faibles au Canada, la valeur nette par habitant est la plus faible au Canada, après Terre-Neuve et Labrador. (2)
Comme il en était question la semaine dernière, la grève des étudiants du Québec contre la hausse des frais de scolarité s’est vite essoufflée. Il reste que la question fondamentale qu’ils posent est pertinente : Voulons-nous, oui ou non, une société qui privilégie l’éducation de sa population.
Dans les commentaires qui ont suivi le mouvement étudiant, un ancien haut fonctionnaire du Québec et militant et candidat à la direction du Parti Québécois, Louis Bernard, avait une réflexion intéressante à cet égard. (3) Il affirme, avec raison, qu’avec les exigences actuelles du marché du travail, les études de premier cycle (niveau équivalant au baccalauréat) équivalent à ce que valaient les études au niveau de l’école secondaire, il n’y a pas si longtemps. Considérant cela, il affirme que les droits de scolarité devraient être gratuits.
Si, effectivement, on accorde une importance primordiale à l’accès à une éducation de qualité pour notre jeunesse afin d’assurer la prospérité et l’évolution de notre société, l’observation de M. Bernard a non seulement du mérite, elle devrait être contemplée sérieusement, au Québec comme au Nouveau-Brunswick.
 
Références :
(1)Pour se rappeler ce rapport de la Commission :
(2)Selon Statistiques Canada dans une enquête sur le revenu personnel disponible au Canada : http://www.statcan.gc.ca/pub/13-605-x/2003001/chrono/2003prov/41519Louis bernard avait à dire :11-fra.htm
(4)