Le livre monumental

Tous ceux qui passent par la rue St-George à Moncton ne connaissent pas nécessairement la riche histoire de la cathédrale Notre-Dame-de l’Assomption.
Tous ceux intéressés par le sort qui sera réservé à la cathédrale qui s’effrite graduellement devraient commencer par se procurer et par lire le magnifique livre écrit par Robert Pichette, illustré principalement, mais pas exclusivement, par les photos de Marc Blanchard, Maurice Fournier et Maurice Henri. Le livre a été réalisé et coordonné par Marie-Linda Lord en tant que directrice de la Chaire de recherche en études acadiennes de l’Université de Moncton. C’est une œuvre d’une qualité exceptionnelle, une œuvre qui nous sensibilise à toute l’importance que revêt la cathédrale sur le plan de son héritage patrimonial, culturel et religieux.
Dans le prologue, l’architecte et professeur d’histoire de l’art à Fredericton, John Leroux, rappelle l’importance de l’influence qu’a eue la cathédrale Notre-Dame-de l’Assomption sur la construction des édifices religieux dans les paroisses francophones, plus hardies et progressives que leur vis-à-vis anglophones. Il écrit « Inspirés par l’exemple héroïque de la cathédrale de Moncton, un certain nombre de vastes édifices religieux furent mis en chantier au Nouveau-Brunswick après la Deuxième Guerre mondiale… Les églises francophones qui ont été érigées partout dans la province sont quelques-unes de nos œuvres architecturales les plus mémorables et les plus captivantes. »
Captivant, aussi, le chapitre portant sur la fondation de l’archidiocèse de Moncton. L’auteur, Robert Pichette, précise à ce sujet dans l’avant-propos « Ce qui est donné au lecteur, en espérant qu’il sera indulgent, est un récit plutôt qu’un chronique rigoureuse. » Qu’à cela ne tienne, le chapitre rappelle à notre souvenir un pan de l’histoire religieuse acadienne que «  Certains lecteurs préféreraient, sans doute, qu’un silence pudique recouvre les démêlés, parfois francophobes et toujours acerbes, qui ont présidé au démembrement de la paroisse anglophone St. Bernard pour créer la paroisse acadienne… » écrit M. Pichette dans l’avant-propos.
Le livre est non seulement richement illustré par des photographies plus saisissantes les unes que les autres, la qualité de la recherche est édifiante et la force du symbole que constitue la cathédrale Notre-Dame-de l’Assomption nous est révélée avec brio.

Ce n’est pas seulement un livre à consulter à temps perdu pour s’y perdre dans sa magnifique illustration, c’est aussi une documentation riche sur la valeur non seulement religieuse mais aussi culturelle et sociale de la cathédrale. En ce sens, le livre est aussi monumental que l’œuvre dont il traite.