L’opposition libérale ne fait pas bien son boulot selon David Alward

FREDERICTON – L’allocution qui a clôturé le débat sur le budget semblait être la copie d’un discours de campagne de réélection d’un gouvernement des temps anciens dont on avait changé les nombres, mais pas les tournures. Prononcé par le premier ministre David Alward, le texte brillait par son manque d’originalité, mais surtout par ses accents partisans.

On pouvait s’attendre à ce que quelques flèches soient lancées en direction de l’opposition libérale.

Mais en l’absence de nouveauté dans le contenu, ce que ce discours a eu de plus surprenant aura été son ton particulièrement acrimonieux envers l’opposition libérale et l’abondance du nombre de phrases employées pour en faire état.

«L’opposition critique peu et préfère oublier le grand gâchis financier qu’elle a créé pendant les quatre petites années qu’elle a passées au pouvoir.

«Monsieur le président, les gens du Nouveau-Brunswick méritent une opposition plus engagée et renseignée. Une telle opposition permettrait de tenir un débat plus intéressant et plus constructif au cours des semaines à venir et de mieux servir les gens du Nouveau-Brunswick», a récité le premier ministre.

«Monsieur le président, j’ai hâte de travailler dans l’avenir avec une opposition plus responsable et mieux informée», a ensuite ajouté David Alward.

Cela n’a rien d’exceptionnel en politique de voir un gouvernement critiquer son opposition.

Le fait de souhaiter qu’elle soit différente est par contre surprenant.

Dire aux libéraux qu’ils sont dans l’opposition parce qu’ils n’ont pas bien gouverné suffisait jusqu’à présent.

Mais, dans un système dominé par deux partis, suggérer que l’adversaire que l’on a battu lors d’une élection n’est pas digne d’être dans l’opposition, voilà toute une trouvaille!

Pour suivre cette logique et rester dans le même registre, on pourrait dire que M. Alward s’est laissé séduire par le message du chef néo-démocrate, Dominic Cardy.

Depuis qu’il dirige le NPD, M. Cardy dit vouloir offrir une opposition constructive dans les réactions qu’il formule au sujet des politiques du gouvernement.

Malheureusement, il n’a pas été possible de demander à M. Alward s’il souhaite voir un autre parti lui donner la réplique en Chambre.

Il a décliné l’invitation des journalistes qui voulaient le rencontrer après son discours.

Nous en sommes donc réduits à laisser libre cours à notre imagination.