La pédophilie a-t-elle ses complices?

Malheureusement trop souvent oui! Que ce soit dans les dynamiques incestueuses, de pédophilie ou de viol, on ferme les yeux, on fait la sourde oreille; c’est la loi du silence, on paralyse toute action possible, c’est de la complicité. Cette complicité augmente la colère chez les enfants qui ne trouvent pas l’appui et la protection dont ils ont besoin de ce qui leur appartient, leur CORPS.

Qui sont les complices?

La famille
Les mères, dans une ignorance totale ou partielle, ne reconnaissent pas les signes d’abus. Elles font des liens après les révélations. Certaines mères sont en manque de moyens psychologiques, économiques, ou craignent les représailles du conjoint. Il y a celles qui ne peuvent croire que leur partenaire ferait une telle chose, ou encore celles qui ont été abusées sexuellement dans leur enfance. Des femmes fragilisées, lorsqu’elles n’ont pas reçu l’aide thérapeutique appropriée.
La fratrie, lorsqu’il y a de l’inceste dans une famille, il n’est pas rare qu’un premier enfant soit abusé, ensuite un deuxième et ainsi de suite. Lorsque l’abuseur devient grand-papa, il recommence le même scénario avec les petits-enfants. Cela peut s’étendre aux neveux, nièces, voisins, voisines, etc. C’est alors toute une famille qui tait la situation et devient complice.

La peur
La peur de dénonciation entraîne un profond sentiment de porter le fardeau à la fois de l’abus et des conséquences pour la famille. La victime a peur de ne pas être crue. Elle a aussi peur d’une crise, séparation conjugale et familiale, arrestation de l’agresseur, et de toutes les pertes qui peuvent s’ensuivre; pertes de liens dans la fratrie, la famille élargie, le voisinage. La victime délatrice se sent coupable, elle a peur d’être vue comme la source des problèmes, d’être la méchante alors qu’elle est la victime d’une situation.

Peur des représailles
Est-ce que l’abuseur mettra ses menaces à exécution? Est-ce qu’il sera fâché contre moi? Les représailles sont une réalité et les victimes ont besoin d’être protégées et soutenues, est-ce toujours le cas?
Les établissements institutionnels publics ou privés, écoles, hôpitaux, garderies, organismes, milieux sportifs, récréatifs, le clergé, etc., derrière les portes closes, abritent un lieu de pouvoir utilisé par certains abuseurs en quête de proies faciles. Les établissements institutionnels doivent assurer la protection des enfants, mais parfois assurent plus la protection de l’établissement: quand ils minimisent les faits; quand ils ne croient pas la victime; quand ils mobilisent une partie du personnel contre les perturbateurs; quand il y a isolement du délateur ou harcèlement et pressions pour provoquer le départ; quand il y a indifférence en laissant traîner les dossiers pendant des années avant de réagir parce que les hautes instances font la sourde oreille.

L’image
Qu’est-ce qu’on dira? L’image, peu importe le milieu, c’est le regard complice, le mur de la honte.
Le scandale inhibe et retient le dévoilement, car l’image de l’établissement ou de la famille est éclaboussée. En institution, on censure l’information nuisible à l’image; ainsi il devient très difficile d’obtenir la vérité sur les faits. Du côté de la victime, l’image de soi porte un sentiment de honte d’avoir révélé l’abus sexuel. Une image à reconstruire à travers son regard et celui des autres. 
Le manque de vigilance, c’est la confiance trop grande accordée à certaines personnes. Une femme qui sait que son nouveau conjoint a déjà abusé d’un enfant en est une avisée, normalement. Restez vigilantes, certains abuseurs se remettent en couple, spécialement avec des femmes qui ont de jeunes enfants, sous prétexte qu’ils aiment les enfants.
La pornographie a deux types de complices, l’argent et les utilisateurs. Plus il y a d’utilisateurs, plus il y a fabrication de matériel pornographique qui circule sur Internet. L’écran crée une distance pour les utilisateurs et ils se sentent moins coupables, car ce n’est pas eux qui abusent, violent ou torturent sexuellement des enfants, c’est quelqu’un d’autre. Mais c’est eux qui regardent ce quelqu’un d’autre, alors ils sont complices. 

L’oubli
Les abuseurs entretiennent l’idée que les enfants, parce qu’ils sont enfants, oublieront avec le temps le mal qu’ils leur ont fait… alors non… les enfants n’oublient pas… et se souviennent toute leur vie, jusqu’à leur mort. L’abus sexuel est un mal si profond pour certaines victimes qu’elles en arrivent à vouloir mettre fin à cette douleur vive qui les habite en se suicidant.
Lorsqu’il y a oubli, la victime veut se protéger psychiquement d’une souffrance ou éviter la crise de la dénonciation en niant les faits.

L’abandon
Le sentiment d’abandon, c’est la difficulté de savoir à qui le dire. Comment le dire? Le dire et ne pas être entendu. L’abandon, c’est la double trahison par manque de reconnaissance des actes répréhensibles commis, dont les besoins d’être protégé n’ont pas trouvé réponse dans la société ou dans la justice.  
La pédophilie est un vrai crime contre l’humanité!

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