Le train de vie royal

La ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, signe et persiste. Déjà critiquée pour ses goûts du luxe, elle a récidivé à Londres en juin 2011.
Madame Oda était dans la capitale anglaise pour assister à une conférence internationale, et comme vous l’avez lu, une fois sur place elle a décidé que l’hôtel où se tenait la conférence n’était pas à son goût. Elle a choisi de quitter cet hôtel cinq étoiles, le Grange St.Paul’s Hotel, pour se loger deux kilomètres plus loin, au Savoy, propriété d’un prince saoudien, où le tarif était le double du grange St.Paul’s. Comme si ce n’était pas suffisant, parce qu’elle était à deux kilomètres de la conférence, elle a demandé d’être transportée pendant trois jours par limousine, un coût additionnel qui s’est élevé à la bagatelle de 2,850$.
C’est en vertu d’une demande d’accès à l’information que La Presse Canadienne a obtenu les informations pertinentes à ce voyage effectué à Londres par Madame Oda. Et ce n’est que lundi matin, en apprenant que La Presse Canadienne allait publier les détails de son voyage qu’elle a décidé de rembourser certains frais : les 287$ pour l’annulation de la réservation de la chambre au Grange St.Paul’s, et la différence du tarif entre cet hôtel et le Savoy. Les contribuables ont cependant assumé les frais de la limousine.
Madame Oda aime les limousines. Lorsqu’elle a assisté au gala des Juno à Halifax en 2006, la facture du service de limousine avait coûté 5,475$, selon ce que rapporte La Presse Canadienne. En 2007, un an plus tard, elle avait utilisé un service de limousine pour assister à des activités partisanes.
Les extravagances de Madame Oda s’ajoute à celle du ministre de la Défense nationale, Peter McKay, qui s’était servi d’un hélicoptère des Forces armées pour venir le cueillir à une partie de pêche afin de l’emmener à une annonce qu’il devait faire à Halifax.
Ces révélations de La Presse Canadienne soulève des interrogations, tant parmi les médias que les organismes de défense des contribuables : combien d’autres comportements semblables trouveraient-t-on en scrutant de près les dépenses d’autres ministres du cabinet Harper?
Quand il était à l’opposition, le premier ministre actuel, M. Stephen Harper, jugeait ce genre de comportement inacceptable de la part des ministres du gouvernement libéral. Il avait raison. Mais de toute évidence, maintenant au pouvoir, sa perspective sur ce genre de comportements a changé. Rappelons qu’il avait vigoureusement défendu son ministre de la Défense quand la presse a dévoilé l’escapade de M. McKay en hélicoptère.

Ce qui choque l’opinion publique, c’est la contradiction entre le comportement des membres du Cabinet fédéral et ce qu’il prêche, c’est-à-dire la gestion efficace des argents du gouvernement fédéral. C’est l’argument principal qui a été employé pour couper les subventions à de nombreux groupes citoyens, que ce soit dans des secteurs qui touchent l’environnement, le droit et le statut de la femme, ou encore des organismes non gouvernementaux impliqués dans le développement international ou le développement communautaire au pays. Deux poids, deux mesures. Les restrictions budgétaires s’appliquent aux Canadiens, sauf aux membres du Cabinet.