Être prêtre aujourd’hui

L’Église a fait du 4e dimanche de Pâques (demain!) le dimanche de prière pour les vocations. Le Bon Pasteur en appelle d’autres à sa suite. Encore aujourd’hui.

Comment parler du ministère presbytéral aujourd’hui? Comment démystifier la vie du prêtre qu’on caricature encore trop souvent aujourd’hui? Comment appeler alors que la vocation traverse une crise qui ne pourra se résorber qu’avec des gens qui s’engagent généreusement à l’image du Bon Pasteur?

Ministère et vie des prêtres

À partir de mon expérience, je voudrais faire part, humblement, de quelques aspects du ministère et de la vie du prêtre. Je m’inspire aussi d’un message du cardinal Martini, archevêque émérite de Milan, qui a prêché de nombreuses retraites pour les jeunes prêtres de son diocèse.
Le prêtre vit surtout de relations. Il consacre son temps aux personnes: les jeunes et les adultes, les enfants et les personnes âgées, les malades et les personnes en bonne santé, ceux qui l’aiment et qui l’aident comme ceux qui le critiquent et se montrent parfois exigeants.

Il rencontre les gens pour marcher avec eux un bout de leur chemin de vie. Des personnes se confient au prêtre avec une confiance qui n’a pas son égal dans les rapports humains et, en cette confiance, est semée la Parole qui dit la vérité, qui ouvre à l’espérance, qui guérit par le pardon.
Le prêtre vit une liberté extraordinaire: s’il est cohérent avec sa vocation, il ne s’attache pas aux choses, il ne cherche pas à s’enrichir. Il s’est remis lui-même par son obéissance à l’évêque; il est appelé à une grande liberté pour disposer de ses qualités et être ainsi utile à l’Église.
Le prêtre célèbre pour les communautés qui lui sont confiées les mystères du salut. En célébrant les sacrements, il donne à son peuple la grâce d’entrer dans la communion avec Jésus. Même si le nombre de ceux qui continuent à se rassembler régulièrement peut paraître réduit, le prêtre vit la certitude que le Royaume de Dieu vient précisément comme cela: comme la semence qui meurt pour produire beaucoup de fruits.

À la fin de sa vie, s’il jette un regard sur le passé, le prêtre pourra éprouver des regrets devant ses misères et du chagrin devant son inadéquation à la mission reçue. Il pourra se consoler d’avoir été un serviteur quelconque qui a cherché à faire son travail avec constance et fidélité.

La beauté chrétienne de la vie d’un prêtre et la grâce que représente un prêtre pour une communauté doivent suggérer à tous de prier afin que les prêtres ne manquent pas dans nos communautés. La prière pour les vocations au ministère sacerdotal doit être partagée par toute la communauté.

La prière n’est pas une sorte de délégation au Seigneur pour qu’il fasse ce que nous ne réussissons pas à faire: c’est plutôt un abandon intelligent et libre à la conduite de l’Esprit qui devient disponibilité à accomplir l’œuvre de Dieu.

Rencontré les formateurs du Grand Séminaire de Montréal. Ils sont soucieux d’adapter la formation aux candidats provenant de divers milieux et d’un âge varié. Le long temps de formation (sept ans!) doit susciter une interaction positive entre les formateurs, la communauté ecclésiale et le candidat.

Prié pour les séminaristes que je connais, dont ceux de mon diocèse. Le discernement pour s’engager à long terme représente un défi dans un monde qui vit souvent au gré du présent.

Senti chez des parents une sorte de peur et d’appréhension, devant le soupçon qu’un de leurs enfants pourrait s’orienter vers le ministère sacerdotal: «Mais quelle vie attend mon enfant s’il devient prêtre? Sera-t-il heureux? Sera-t-il seul?» Comme pour toute vocation, celle au presbytérat comporte ses joies, ses défis et ses épreuves.

Pensé à la célébration d’Action de grâce de vendredi prochain pour les 65 ans de prêtrise du père Dionne. L’honneur rendu à un membre de l’Église rejaillit sur l’ensemble du corps. Que son ardeur au travail nous incite à trouver, comme il a su le faire à son époque, ce qui est approprié pour la Mission aujourd’hui.