Le match final

Comme il fallait s’y attendre, Mitt Romney, l’ex gouverneur de l’État du Massachussetts, sera le candidat du Parti républicain aux élections présidentielles américaines. Il domine outrageusement le compte des délégués républicains gagnés à sa candidature. La semaine dernière, l’ex président de la Chambre des représentants, Newt Gingrich, a annoncé …qu’il annoncerait cette semaine son retrait de la course. La conférence de presse de Gingrich est prévue pour mercredi.
Le mois dernier, Gingrich avait signifié à ses partisans qu’il avait l’intention de rester dans la course jusqu’à la tenue cet été de la convention républicaine, dans l’espoir de forcer un choix final sur le plancher de la convention. Mais l’avance actuelle de Romney sur les autres candidats rendait improbable le déroulement d’un tel scénario, lui-même plutôt inusité dans l’histoire du parti.
Romney mène actuellement le compte des délégués promis à sa candidature : il peut compter sur 841 délégués républicains, contre les 273 qu’avaient acquis Rick Santorum quand il a annoncé son retrait de la campagne. À ce jour, Newt Gingrich s’est acquis l’appui de 141 délégués alors que Ron Paul reste dans la course malgré le maigre appui de 76 délégués. Rappelons qu’il faut l’appui de 1,144 délégués pour devenir le candidat présidentiel du parti.
Au grand dam des républicains, la cote d’approbation du président Obama se maintient au-dessus de la barre des 50% depuis le début de l’année. Bien que la reprise économique aux États-Unis n’a pas atteint le rythme que souhaiterait le président sortant, elle est suffisante pour insuffler une légère brise (on ne peut pas parler de vent) de confiance parmi l’électorat américain.
Les sondages nationaux sur les intentions de vote des Américains à l’élection présidentielle américaine donne le président Obama (47,3%) en avance sur Romney (43,7%) de quatre points.
Cette avance ne veut pas dire pour autant que la réélection du président Obama lui est acquise. À six mois du scrutin, l’humeur de l’électorat américain peut changer plusieurs fois, selon les évènements qui marqueront la campagne d’ici le mois de novembre. En fait, remarque un blogueur du New York Times (1), si le meneur dans les sondages en avril a gagné en novembre lors des deux dernières élections présidentielles (2004 et 2008), au cours de plusieurs élections présidentielles précédentes, c’est le candidat négligé en avril qui a fini par gagner en novembre. C’était le cas pour Bill Clinton en 1992 et pour Ronald Reagan en 1980, pour ne citer que ces deux cas.
Le train de l‘espoir, comme nous avions qualifié la campagne de Barack Obama en 2008, n’a pas livré la marchandise promise : le retour à une économie vigoureuse et la mise ne œuvre d’un système d’assurance maladie presqu’universel. Il n’est pas difficile de prévoir que Romney portera ses attaques sur l’état de l’économie américaine sous la gouverne du président Obama.
Le problème de Romney prend racine dans les origines de la crise financière et économique américaine de 2008, dont les États-Unis peinent à se relever : la dérèglementation du système financier initiée par l’administration Bush a eu l’effet contraire à celui escompté. Ou voulait « créer de la richesse », mais les voies empruntées ont mené à la ruine.
Si le retour à la prospérité ne s’est pas effectué au rythme où l’aurait sans doute souhaité le président Obama, nombreux sont les experts en économie à avoir jugé qu’il avait très bien saisi la racine du mal et qu’il avait pris les bonnes décisions pour l’enrayer. Ce sont les résultats de ces décisions qui tardent à produire leurs fruits, mais ceux-ci se sont manifestés depuis la deuxième moitié de 2011 : croissance soutenue de l’emploi après une longue période de décroissance depuis la crise du crédit de 2008.

L’autre problème de Romney c’est sa cote de popularité auprès des partisans de son propre parti : il n’a pas su, jusqu’à maintenant, susciter d’enthousiasme. En ce sens, il faut s’attendre à ce que le taux de participation aux élections de novembre soit plus élevé chez les démocrates que chez les républicains, un handicap certain pour Romney. A suivre.