Cultiver la justice comme on fait son jardin

Avec le mois de mai, il n’y a pas que les produits de la pêche qui réjouissent nos appétits gourmands. Il y a aussi les légumes frais du potager annoncés par ce mois de renouveau qui nous mettent l’eau à la bouche. La saison du jardinage est à l’horizon.

Plusieurs commencent à préparer le jardin, ce véritable «carré de sable» des plus grands où on passe nos journées – parfois même nos soirées. Le jardinage représente un tel plaisir qu’il est devenu un des passe-temps préférés des Canadiens pendant la belle saison. Mais tous n’ont pas le temps, ni les ressources, pour un tel loisir. Cela ne doit pas nous empêcher de réaliser les bienfaits du jardinage.

Pour qu’un monde plus juste prenne racine
Depuis quelques années, c’est autour du thème du respect de la planète et de ses ressources que l’organisme Développement et Paix concentre ses efforts d’éducation. Puisque certaines ressources de notre monde sont limitées, il faut favoriser le développement d’économies durables.
L’organisme mène actuellement une réflexion sur l’agriculture durable avec l’objectif de faire réaliser l’interconnexion et l’interdépendance de tous les êtres vivants. Parmi les principes de la programmation quinquennale de Développement et Paix on lit: «La terre est sacrée. La création a une valeur intrinsèque. Nous avons la responsabilité d’en protéger et d’en apprécier la diversité écologique, la beauté et les fondements de la vie.»

J’ai été étonné d’apprendre que le travail des petits producteurs agricoles contribue à nourrir 70 % de la population mondiale. Oui: 70 % de toute la population! C’est énorme!

Ces producteurs font souvent preuve de grande créativité pour trouver des moyens de respecter l’environnement tout en nourrissant de nombreux villages. Développement et Paix appuie ces petits producteurs dans leurs revendications auprès des gouvernements afin que l’aide ne soit pas uniquement donnée aux grandes multinationales agricoles.
Avez-vous imaginé un instant les bienfaits pour la santé de notre planète (et pour notre santé à nous) si nous pouvions consommer davantage de produits locaux?

Le travail de ces petits producteurs ralentit l’agriculture industrielle qui contribue en partie au réchauffement global de la Terre. Ce réchauffement se fait en augmentant la déforestation, en suremballant les aliments et en transportant des produits d’un bout à l’autre de la planète. Le travail de ces fermiers de village n’est pas un élément de l’histoire du passé à préserver: c’est pour être fidèle à l’avenir qu’il doit être soutenu.

Agriculture soutenue par la communauté
Une façon de promouvoir la justice écologique, c’est d’appuyer les producteurs locaux qui assurent une agriculture durable. Cela commence par l’achat de produits du Nouveau-Brunswick. Les marchés de Dieppe, de Tracadie-Sheila ou de Bouctouche (qui ouvriront tous incessamment) nous permettront d’acheter des produits frais et diversifiés d’ici, aidant du même coup l’économie locale et l’avenir de la planète.

De plus, un programme coordonné par l’organisme Équiterre connaît de plus en plus d’adeptes à travers le monde depuis 15 ans. Y compris chez nous! Inspiré par une expérience japonaise, ce programme incite à appuyer des agriculteurs locaux en devenant partenaire d’une ferme locale.

Ainsi, les partenaires achètent à l’avance des paniers de légumes qui leur sont livrés tout au long de la belle saison (jusque tard l’automne) à leur résidence ou à un point de chute déterminé. Les partenaires acceptent alors les risques liés à l’agriculture (en raison des conditions météorologiques). Mais le risque est compensé par un panier garni de légumes frais livrés régulièrement. Bon jardinage! Bonne bouffe!

Lu de larges extraits du livre des Actes des Apôtres à l’église. On découvre que la première communauté chrétienne «mettait tout en commun» (Ac 2, 44). Me semble que l’agriculture soutenue par la communauté est une application contemporaine de cet idéal.

Demandé et reçu de l’information d’une des dernières fermes locales à prendre racine chez nous: La Belle Besogne aura pignon sur rue au Fair Isle. Dans quelques semaines, un jeune couple va rentrer au bercail et mettre en terre les semences qui permettront à des familles d’avoir des produits de saison de qualité des mois durant. Regardez autour: vous trouverez vous aussi un producteur local à appuyer. Pour son plaisir… et le vôtre!

Apprécié le rapport de la responsable de la justice sociale dans notre unité pastorale. Notre programme de «multiplication des pains» nous permet d’honorer une persévérance de l’Église depuis ses origines: la solidarité avec les plus pauvres.

Comparé le travail des militants de la justice sociale aux efforts des petits agriculteurs. Il faut temps et patience pour faire germer la semence et produire du fruit. Cultiver la justice comme on fait pousser les fruits: c’est un travail ardu qui récompense les tenaces. 

Revu le merveilleux film Les Inséparables de Daniel Léger sur la chaîne TV5 mardi soir. La fierté de Jean-Paul en face des légumes de son jardin est un hymne puissant à l’amour de la terre. Dans ce film, tout parle d’amour. C’est pour ça qu’on l’aime!

Vérifié l’état de mon «minipotager» à l’arrière du presbytère. Il me permet d’avoir des fines herbes et quelques légumes frais une bonne partie de l’été. D’ici là, j’irai avec mon oncle Lucien ramasser des têtes de violon dans «le jardin du Bon Dieu» très bientôt!