Vaincre les tempêtes conjugales

«Le long du fleuve qui remonte
Par les rives de la rencontre
Aux sources d’émerveillement
On voit dans le jour qui se lève
S’ouvrir tout un pays de rêve
Le tendre pays des amants
On part avec le coeur qui tremble
Du bonheur de partir ensemble
Sans savoir ce qui nous attend
Ainsi commence le voyage
Semé d’écueils et de mirages
De l’amour et de ses tourments
Quelques torrents de médisance
Viennent déchirer le silence
Essayant de tout emporter
Et puis on risque le naufrage
Lorsque le vent vous mène au large
Des îles d’infidélité
Plus loin le courant vous emporte
Vers les rochers de la discorde
Et du mal à se supporter
Enfin la terre se dénude
C’est le désert de l’habitude
L’ennui y a tout dévasté
Quand la route paraît trop longue
Il y a l’escale du mensonge
L’auberge de la jalousie
On y déjeune de rancune
Et l’on s’enivre d’amertume
L’orgueil vous y tient compagnie
Mais quand tout semble à la dérive
Le fleuve roule son eau vive
Et l’on repart à l’infini
Où l’on découvre au bord du Tendre
Le jardin où l’on peut s’étendre
La terre promise de l’oubli»

– La carte du tendre, Georges Moustaki

Cette chanson de Moustaki est une belle métaphore du couple qui s’embarque dans la vie à deux et entreprend le voyage dans une conversation intime avec la mer. Une mer d’imprévus partagés entre le calme, les vagues et les tempêtes. C’est dans la tempête que s’offrent au couple des défis de se révéler à lui-même, de connaître ses profondeurs intimes et de créer ses forces.

Est-ce qu’il y a des tempêtes pires que d’autres? 
Les îles d’infidélité sont au cœur des crises conjugales après le décès d’un enfant. L’infidélité est une rupture du lien conjugal exclusif amoureux et sexuel avec une personne. La confiance est minée, car l’infidélité est perçue comme une trahison de ce lien. L’infidélité est la conséquence d’une ou des insatisfactions personnelles et conjugales. Elle peut être aussi la conséquence des circonstances de la vie, comme une dépression, un décès, une perte d’emploi, etc. L’embarcation conjugale est parfois abîmée par la tempête qui a ravagé les certitudes d’une fidélité que le couple croyait à toute épreuve. 

Le décès d’un proche ou surtout d’un enfant
Cette épreuve inattendue dans la vie d’un couple ou d’une famille est sans doute la pire de toutes. Ce type de tempête entraîne des émotions de colère, de frustration, d’une vie indigne d’être vécue. Épreuve à laquelle peut s’ajouter la dépression, la consommation d’alcool ou de drogue, l’infidélité, une baisse du désir et de la libido; et parfois la négligence du couple et des autres enfants, car toute l’attention est portée sur la personne disparue.

La maladie
La maladie, ou l’accident grave du conjoint ou d’un enfant. La maladie, qui transforme le quotidien, aura des effets sur la structure conjugale, sur la sexualité; notamment, le désir et les rapports sexuels.

La faillite financière
La perte de biens matériels – maison, voiture, argent – aura des effets néfastes sur le couple.

La perte d’emploi
La perte d’emploi est souvent vécue comme un moment extrêmement difficile dans un couple, selon l’âge de la personne et de ses qualifications, car trouver un autre emploi est souvent une source importante de stress. Les pertes de revenus mettent le couple dans un état précaire. 

Le désamour
«Je ne t’aime plus!» aura l’effet d’une bombe pour celui qui le reçoit, surtout s’il ne s’y attend pas. L’univers conjugal s’écroule d’un seul coup, les mots sont dits, ils blessent, font mal à entendre et ils sont difficiles à oublier. Pourquoi ces mots sont-ils lancés? La personne qui dit ne plus aimer l’autre, est-ce vraiment ce qu’elle ressent? Est-ce la vie qu’elle mène avec l’autre qu’elle n’aime pas ou plus?

Le couple en péril
Tout état de crise est comme une tempête en mer. La grande souffrance isole, sépare, alors qu’il faudrait s’appuyer, chercher à se rapprocher pour unir ses forces. D’un côté comme de l’autre, des peurs de prononcer des mots, de dire des choses, par crainte de faire monter les émotions de colère, de tristesse. La violence des émotions, la difficulté d’exprimer son ressenti et la nécessité de trouver un coupable ne font que mettre davantage le couple en péril. Devant l’incapacité d’exprimer la souffrance, certains pourront interpréter ces moments de tempête comme de l’indifférence.

Comment vaincre la tempête?
1. La reconnaître comme une réalité et que ça n’arrive pas qu’aux autres.

2. Accepter que l’imprévisible soit visiblement déstabilisant.

3. Pleurer, nier, être en colère, se sentir coupable, y voir de l’injustice et le désir de se venger; ce sont là des émotions cohérentes à un état de crise.

4. Laissez le temps agir pour vous donner le temps de rebondir. Prendre le temps de penser pour panser la crise, analyser la situation et les conséquences, à moins que le désir de séparation fût déjà ancré dans votre pensée avant la tempête.

5. La séparation, une solution, mais pas toujours LA solution, car elle vous plonge dans l’inconnu. «Se décider vite, c’est une manière de se décharger de cette tension interne qui nous habite en période de crise. Mais c’est illusoire. On court-circuite sa pensée par l’action. Sauf que réagir à l’emporte-pièce est toujours destructeur. Combien de divorces mal vécus à cause de ce sentiment d’avoir tout perdu tout en n’ayant rien réglé! Sans compter que le risque est grand de répéter le même fonctionnement – et peut-être le même échec – dans le couple suivant.»«Dans bien des cas, les couples se séparent trop vite, analyse Vincent Garcia, psychanalyste et auteur de Satisfaits ou divorcés (Éditions Milan, 2007). De plus en plus, on consomme le couple et on le jette quand il ne nous satisfait plus. Avec l’individualisme et la quête d’épanouissement personnel qui règnent actuellement, les frustrations sont plus douloureuses, moins acceptées. On a moins tendance à faire des compromis. Mais toute crise de couple n’implique pas une séparation impérative.» (1)

6. Gardez confiance, le calme vient toujours après la tempête.
Quelle est la pire tempête de couple que vous avez eue à surmonter? Et comment?
Pour une consultation, vous pouvez me joindre par courriel ou au 260-1907. Continuez à me faire part de vos commentaires, et merci de me lire.

1 (http://www.psychologies.com/Couple/Crises-Divorce/Separation/Articles-et-Dossiers/Decider-de-divorcerL’affronte)par Margot Rambert