La politique peut redevenir une profession noble

Les résultats des élections municipales de 2012 sont maintenant révélés, et vous connaissez donc les élus municipaux qui vous représenteront. Au moment d’écrire ces lignes, j’ignorais les résultats des élections.

Lors des élections municipales de 2012, parmi tous les conseils municipaux de la région du Grand Moncton, un seul membre a été élu par acclamation, soit le conseiller du quartier 5, Roger LeBlanc. En 2008, deux postes ont été pourvus sans opposition; un à Dieppe et un à Riverview. Je souhaite que, en 2016, personne ne soit élu par acclamation. Les électeurs devraient avoir la chance de choisir leur représentante ou leur représentant.

À mon avis, pour que cela se produise, pour qu’un plus grand nombre de gens décide de se présenter aux élections, notre perception des politiciens doit changer.

Cette semaine, j’aborde la vie politique en tant que profession.

Sans scrupules, malhonnêtes, paresseux et incompétents. Voilà les mots employés par les Canadiens pour décrire les politiciens. À tout le moins, ce sont les qualificatifs utilisés dans un sondage récent mené pour le compte d’un centre d’études et de recherches de droite, le Manning Centre for Building Democracy.

Le sondage a révélé que le respect du public envers les politiciens continue de chuter. Lorsqu’on leur a posé des questions au sujet des politiciens, la majorité des Canadiens ont donné des réponses peu élogieuses. En effet, 52 % de répondants ont affirmé que les politiciens sont paresseux; 58 % qu’ils sont sans scrupules; 59 % qu’ils sont incompétents; 69 % qu’ils sont malhonnêtes; 77 % qu’ils mentent et 90 % que l’argent les intéresse plus que les gens.

Un sondage mené par la firme de sondage Angus Reid en 2008 présentait des résultats semblables.

Groucho Marx, un humoriste américain aujourd’hui décédé a déjà décrit la politique comme étant: «L’art de chercher les problèmes, de les trouver, de les sous-évaluer et ensuite d’appliquer de manière inadéquate les mauvais remèdes.»

On est loin de l’époque où les politiciens et leur profession étaient respectés. C’est malheureux. Mon expérience au conseil municipal de Dieppe a été dans l’ensemble positive. La plupart des conseillers municipaux que j’ai rencontrés, mais pas tous, ont le meilleur intérêt de leur localité à cœur.

Je n’ai pas vraiment réussi à vous convaincre des vertus de la charge politique, n’est-ce pas?

Cela étant dit, les politiciens peuvent faire certaines choses différemment pour gagner le respect de la population. Je partage l’opinion d’Alcide F. LeBlanc publiée dans l’Acadie Nouvelle de jeudi dernier. Il estime que nos représentants municipaux devraient mettre de côté toute partisanerie (libéraux, néo-démocrates et conservateurs) dans l’intérêt de leur collectivité. Que toute idée ou résolution présentée soit examinée en fonction de sa juste valeur sans tenir compte de l’affiliation politique de la personne formulant la proposition.

Personnellement, c’est de cette façon que j’ai voté sur des idées et les propositions au cours des quatre dernières années. Si les résidants de Dieppe me font l’honneur de me réélire pour un autre mandat, j’ai l’intention de continuer à faire mon travail de la même façon au cours des quatre prochaines années.

Vous vous souvenez la sortie d’Abel LeBlanc, l’ancien député provincial libéral de Saint John Lancaster à l’Assemblée législative? Dans le feu du débat, il a insulté d’autres députés et fait des gestes obscènes. Il a été suspendu de l’Assemblée législative pendant trois jours pour sa conduite. Ce n’est pas tout, il a également subi les foudres de l’électorat aux élections suivantes et a perdu son siège en obtenant au moins 1100 voix de moins que le candidat conservateur.

Il s’agit là de l’un des exemples extrêmes des comportements que l’on voit en politique et qui répugnent les citoyens. Joanna Everitt, Ph. D. et politicologue, a tenu les propos suivants au sujet de la situation d’Abel LeBlanc: «Les femmes répètent souvent “Pourquoi voudrais-je me placer dans une telle situation? Pourquoi voudrais-je me retrouver dans un endroit où des cris, des chicanes et les interpellations sont chose courante? Je ne travaille pas comme ça et je refuse de travailler ainsi”». (traduction libre)

J’ajouterais que probablement bien des hommes pensent la même chose!

La politique peut redevenir la profession noble qu’elle a déjà été. À mon avis, les manifestations d’amour suivant le décès du chef du NPD, Jack Layton, l’an dernier, le prouvent bien. M. Layton était réputé pour son écoute. Il respectait l’opinion des Canadiens et les consultait. Il était aussi connu pour sa volonté de travailler avec tous les autres partis pour faire avancer les choses. Je me souviens de la couverture médiatique après son décès. Le fait qu’un si grand nombre de gens, la plupart n’ayant jamais rencontré Jack, témoignent qu’il avait touché leur vie d’une façon ou d’une autre m’a vraiment touchée. Bon nombre de ces gens ne partageaient même pas ses opinions politiques.

Cela me donne espoir que les politiciens peuvent faire changer la perception des citoyens à l’égard de notre profession. Nos institutions démocrates sont loin d’être parfaites, mais elles fonctionnent! Pour terminer, je tiens à saluer et à remercier les candidates et les candidats qui se sont présentés aux élections municipales de 2012.