Les candidates aux élections municipales de 2012

 La moitié des femmes qui se sont présentées à la mairie aux élections municipales de la semaine dernière ont été élues. Il en va de même pour environ 68 % des femmes s’étant présentées comme conseillères.

Il s’agit d’une interprétation favorable de la situation. C’est vrai. Toutefois, il n’en demeure pas moins que seulement 38 femmes se sont portées candidates à la mairie et que seulement 19 municipalités néo-brunswickoises sur 105 sont maintenant dirigées par une femme.

Les femmes étaient mieux placées pour se faire élire que les hommes. Sur les 1070 candidats aux élections, seulement 290 étaient des femmes, soit 27 % des candidats – et 29 % des sièges ont été remportés par des femmes.

De toute évidence, le problème ne tient pas au fait que les femmes ne réussissent pas à se faire élire au niveau municipal, mais plutôt qu’un nombre insuffisant de femmes posent leur candidature. Par exemple, dans la région du Grand Moncton (Dieppe, Riverview et Moncton), sur les 59 candidats aux diverses fonctions, seule­ment 11 étaient des femmes. Cela représente 19 % des candidats.

Dans l’ensemble du Nouveau-Brunswick, environ 170 femmes ont été élues conseillères; 252 femmes s’étaient présentées pour le poste.

Ces dernières années, on a eu des conseils municipaux entièrement composés de femmes dans la province. Ce n’est plus le cas depuis les dernières élections. En revanche, on compte un grand nombre de conseils strictement masculins, notamment dans des localités à forte densité, comme Edmundston, Grand-Sault, Hampton, Memramcook, Hillsborough et Perth-Andover.

Quelque 38 femmes sont les seules membres de sexe féminin au sein de leur conseil municipal. Je fais partie de ce nombre. C’est malheureux. Il ne s’agit pas d’un affront envers les conseillers et mes collègues siégeant au conseil municipal de Dieppe. Ils savent aussi bien que moi que la population que nous représentons est différente de la plupart des conseils municipaux, qu’il faut une plus grande diversité, car les meilleures décisions sont prises lorsque toute la population est représentée. C’est à ce moment-là que les politiques tiennent compte de la réalité, comme l’a affirmé le président de la Fédération canadienne des municipalités.

Cela dit, il y a de l’espoir.

Le nombre de femmes siégeant aux conseils municipaux de la province au terme des élections de la semaine dernière est supérieur à la moyenne nationale. Les femmes représentent maintenant 29 % des membres des conseils municipaux de la province. La moyenne nationale, selon le regroupement À voix égales, est d’environ 26 %.

Une autre source d’espoir est que le débat se poursuit et que certaines mesures ont été prises concernant des règles sur les dépenses pendant les campagnes électorales municipales. À l’heure actuelle, il n’existe aucun plafond de dépenses ni d’exigences en matière de divulgation. Les lois électorales visant les élections fédérales et provinciales sont strictes quant à la divulgation des donateurs électoraux et les limites des dépenses autorisées durant la campagne. Les campagnes municipales sont exemptes de ce genre de règles. Vous imaginez que cette situation influence qui se présente et qui est élu dans certaines localités. La mise en œuvre de ces mesures mettra toutes les candidates et tous les candidats sur un pied d’égalité.

L’an dernier, le conseil municipal de Moncton a recommandé à l’Association des villes du Nouveau-Brunswick et à l’Association des municipalités francophones de présenter la question des plafonds de dépenses électorales et des exigences de divulgation au gouvernement provincial afin que des mesures soient prises. Ce débat pourrait avoir lieu bientôt, semble-t-il.

Les résultats suivants des élections municipales du 14 mai figurent au nombre des autres signes d’espoir:

Miramichi: cinq femmes et quatre hommes élus.

Shediac: six femmes et trois hommes élus.

Riverview: une mairesse et deux conseillères élues.

Saint-Jean: quatre femmes et sept hommes élus.

Nous devons trouver des façons de supprimer les obstacles qui empêchent les femmes d’entrer en politique à tout autre ordre de gouvernement, même au-delà de la politique municipale. Heureusement, de nombreuses femmes partout dans la province se sont présentées aux élections municipales. J’espère qu’elles tireront de la satisfaction de leur expérience et obtiendront également des résultats. La première femme mairesse d’une grande ville canadienne a affirmé: «Quand on doit agir, on peut agir.» (traduction libre)

Au Nouveau-Brunswick, c’est à Minto qu’on a élu la première mairesse, Marion Upton, en 1967. Elle a souligné que sa «victoire inciterait d’autres femmes à se lancer en politique municipale». Elle espérait aussi ne pas être la dernière femme mairesse de la province. Elle n’était pas la dernière, mais les mairesses (et les conseillères, d’ailleurs) sont encore rares.