Le projet de loi C-38, l’un des plus volumineux jamais présenté devant la Chambre des communes, est en quelque sorte la pierre angulaire de l’idéologie du gouvernement du Premier ministre Stephen Harper.

Bien que son titre, « Loi portant exécution de certaines dispositions du budget déposé au Parlement le 29 mars 2012 et mettant en œuvre d’autres mesures », peut laisser entendre qu’il vise principalement les mesures budgétaires, il touche en réalité plusieurs autres aspects, allant de questions environnementales à l’assurance-emploi.
Maintes analystes ont jugé qu’une fois cette loi en vigueur, il changera considérablement non seulement le visage du gouvernement du Canada, mais le rôle de celui-ci.
Profitant de sa majorité de sièges à la Chambre des communes et au Sénat, le gouvernement Harper a la ferme intention d’adopter le projet de loi avant la pause estivale des travaux du Parlement.
N’ayant pas réussi à faire plier le gouvernement sur des mesures telles celles qui touchent la règlementation portant sur l’assurance-emploi ou encore la loi sur les pêches, les partis d’opposition ont déposé 871 amendements au projet de loi C-38.
Tant bien que mal, les partis d’opposition ont tenté d’attirer l’attention des citoyens canadiens sur tous les aspects du projet de loi, et sur les conséquences qui découleront de son adoption.
Ici, au Nouveau-Brunswick, il n’y a pas de doute que les modifications à la loi sur l’assurance-emploi sont celles où les conséquences sont les plus visibles et les plus tangibles : elles toucheront non seulement les travailleurs saisonniers des industries des pêches, de la forêt et du tourisme, mais aussi aux artistes et aux artisans de la production audio-visuelle et théâtrale.
Les modifications apportées à la loi sur les pêches mettront à risque des habitats fragiles de la faune marine, en donnant un accès plus facile et moins encadré aux activités de secteurs comme l’exploitation sous-marine des ressource pétrolières et gazières ou encore celles de l’exploitation sous-marine des ressources minérales, avec moins d’égard pour les dommages collatéraux à l’habitat marin.
La même approche marque les changements en matière d’environnement, notamment en abrogeant la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale, toujours dans le but de « favoriser le développement économique du Canada ».
C’est une approche qui ne plaît pas à l’ensemble des Canadiens, si on se fie aux intentions de vote du plus récent sondage de Nanos Research dévoilé le 8 juin (1). Deux Canadiens sur trois ne voteraient pas pour le parti au pouvoir : à la fin mai, 33% des Canadiens auraient voté pour le PC, la même proportion que pour le NPD et 25% pour les libéraux. Les 9% qui restent sont partagés entre le Bloc Québécois et le Parti Vert. En fait, le gouvernement Harper perd l’appui des Canadiens dans toutes les régions du pays, sauf dans les Prairies où il gagne en popularité.
Ce sondage indique clairement que la pierre angulaire de l’idéologie du gouvernement Harper n’est pas compatible avec les attentes des Canadiens quant au rôle que devrait jouer le gouvernement fédéral.
 
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