Lorsque le gouvernement fédéral s’est impliqué dans le développement économique régional, au milieu des années 60, une composante de son approche du développement était pour le moins inusité : fermer les communautés jugées non viables.

Le gouvernement fédéral n’était pas seul dans cette aventure; certains gouvernements provinciaux, y compris celui de Louis Robichaud ici et de Jean Lesage au Québec, ont épousé cette approche de « développement ». Alors qu’au Québec la Gaspésie a fait les frais de l’expérience, au Nouveau-Brunswick c’est le Nord-Est qui avait été ciblé pour « rationaliser » les ressources gouvernementales en milieux ruraux. À l’époque, ces deux régions, la Gaspésie et le nord-est du Nouveau-Brunswick, étaient citées partout au Canada comme les plus pauvres du pays, où les conditions de vie étaient particulièrement difficiles. Il faut dire qu’on ne prêtait pas beaucoup d’attention, comme aujourd’hui d’ailleurs, aux conditions de vie qui prévalaient dans les communautés autochtones. Mais ça, c’est un autre épisode de notre histoire.

C’est dans ce contexte qu’en 1969 le gouvernement du Nouveau-Brunswick et du Canada conviennent de créer le parc national Kouchibouguac. 228 propriétés seront expropriées, les habitants relocalisés, après qu’on leur ait offert des montants dérisoires pour leur propriété. Il a fallu dix ans avant que le Parc national ne soit officiellement créé par une législation, dix ans de confrontation physique entre manifestants contre l’expropriation et les autorités, avec Jackie Vautour comme tête d’affiche, dix ans aussi de tractations judiciaires.

Jusqu’à tout récemment, en visitant le parc national, aucune trace de cet épisode social et politique n’était visible. La situation a été corrigée : une exposition rappellera tout ce triste épisode du démantèlement des villages du parc : Saint-Olivier, Fontaine, Claire-Fontaine, Guimond-Village, Cap Saint-Louis, Rivière-du-Portage et Kouchibouguac. C’est un correctif qu’avait demandé les expropriés, et c’est heureux que Parc Canada ait répondu favorablement à leur appel.

Il faudrait néanmoins un pas de plus. Plusieurs des expropriés, employés par le parc national depuis des décennies, ont appris que leur emploi avait été supprimé, résultat des compressions budgétaires du gouvernement fédéral. C’est un autre triste épisode de la saga de la création de ce parc national. À cet égard, on ne peut qu’endosser les propos de l’ex ministre du Tourisme du gouvernement Hatfield, Omer Léger, quand il déclare qu’il « devrait avoir moyen de moyenner », et garder les expropriés à l’emploi du parc.

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