Je reconnais la Confédération Wabanaki – formée des peuples micmac, malécite et passamoquoddy -, le territoire ancestral sur lequel la plupart d’entre nous habitent.

C’est toujours utile de se faire rappeler la réalité. En de rares occasions, un conférencier, par exemple, ouvre son allocution par un commentaire comme celui-là. Il ou elle mentionne que l’activité se déroule sur le territoire traditionnel des peuples autochtones et reconnaît qu’il ou elle est simplement en visite sur ces terres. Parfois il ou elle ajoute savoir que les Autochtones n’ont jamais cédé le territoire. Les Premières Nations des Provinces maritimes soutiennent qu’elles n’ont jamais cédé leurs terres à la Couronne.

Le jeudi 21 juin prochain est la Journée nationale des Autochtones. Le 21 juin est aussi le solstice d’été. C’est, en fait, une des raisons pourquoi on a choisi cette date. Fait intéressant, wabanaki signifie «terre de l’aurore» ou «pays du matin».

La plupart d’entre nous savent peu de choses au sujet de nos voisins wabanakis. Certains d’entre nous auront peut-être l’occasion la semaine prochaine ou pendant l’été d’en apprendre davantage si nous participons à des activités autochtones ou à des pow-wow. Ces activités sont organisées partout dans la province chaque été.

D’un côté, bon nombre d’entre nous savons seulement ce que nous avons entendu parler dans les médias, les problèmes touchant les Premières Nations qui font les manchettes: la pauvreté, la violence et les dépendances. À moins, bien sûr, de faire un effort personnel pour se renseigner. Il reste que ce serait perpétuer une autre injustice de les réduire à cela.

D’un autre côté, on glorifie les membres des Premières Nations comme étant magiques, sages et spirituels, tous sans exception. Il s’agit d’un autre stéréotype. Entre les stéréotypes, il y a des gens et des cultures écrasés par l’histoire qu’ils ont vécue et ses séquelles qui perdurent. Des personnes comme vous et moi et qui sont beaucoup plus multidimensionnelles que les stéréotypes véhiculés.

Je ne prétends pas connaître les peuples et la culture des Premières Nations de la région, mais j’ai une pensée pour eux, un souhait que soient réparées certaines des injustices du passé et du présent. J’espère aussi qu’ils s’épanouissent sur leurs terres ancestrales.

Je sais que les Acadiens d’ici doivent beaucoup aux Micmacs qui les ont aidés à se cacher lors de la Déportation il y environ 250 ans, même si à cette époque ce peuple autochtone était la cible de «chasseurs de primes» en raison des proclamations de gouverneurs successifs des colonies britanniques pour les scalps de Micmacs.

En fait, le spécialiste autochtone Daniel Paul signale que tous les échanges et les contacts entre les Micmacs et les Acadiens sont interdits depuis des siècles – depuis 1722 par une proclamation, laquelle est toujours en vigueur.

Une fois les guerres entre
l’Angleterre et la France terminées, ou, comme Daniel Paul l’a écrit: une fois que la «France a transféré aux Anglais l’Acadie dont elle s’était elle-même cédé la possession» (traduction libre), les Micmacs ont continué à subir les conséquences de leur alliance avec les Acadiens. Leur nombre a diminué dangereusement sous l’effet des persécutions, de la pauvreté, de la maladie et des déplacements.

À l’heure actuelle, l’âge moyen des Autochtones du Nouveau-Brunswick est nettement inférieur à celui de la population non autochtone, et leur nombre augmente lentement. Le niveau d’éducation et la participation des Autochtones à la vie active se rapprochent beaucoup plus de ceux de la population non autochtone que la plupart d’entre nous l’imaginent.

La semaine prochaine marquera le cinquième anniversaire de «l’entente bilatérale historique» signée à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick avec les 15 Premières Nations de la province. L’entente élaborait un processus permettant de discuter les dossiers et domaines de compétence des Premières Nations et de la Couronne n’étant toujours pas réglés. Bien qu’on rapporte que certains enjeux ont été résolus grâce au processus, ce dernier semble plutôt stagnant par les temps qui courent.

Le projet de vente d’Énergie NB à Hydro-Québec par le gouvernement du Nouveau-Brunswick a porté un dur coup à l’entente. Les chefs des Premières Nations avaient encore plus de raisons d’être surpris de la nouvelle que le reste de la population lorsque l’annonce a été faite en 2009. Il existe plusieurs revendications autochtones en souffrance associées aux terres et à l’eau dont Hydro-Québec aurait fait l’acquisition. Osons espérer que l’entente bilatérale avec les Premières Nations – et la relation de confiance – sera renouée.

Une initiative conjointe amorcée bien avant la conclusion de l’entente bilatérale est le Comité consultatif sur la violence faite aux femmes autochtones. Le comité a été créé par le gouvernement provincial et des femmes autochtones et donne de bons résultats. Les femmes autochtones du N.-B. ont toujours pris une part active dans la lutte dans la défense des droits, faisant face au gouvernement fédéral et les dirigeants de leurs collectivités. Elles participent aussi à la vie politique. Par exemple, elles sont bien représentées à leurs conseils de bande, à l’instar d’autres femmes siégeant aux conseils municipaux dans toute la province. Même si les femmes ne sont pas parfaitement représentées, la situation s’améliore.

Les femmes autochtones sont éparpillées un peu partout dans la province. Elles sont confrontées à divers problèmes liés tant au sexisme qu’au racisme. C’est pourquoi elles doivent absolument travailler ensemble.

Je félicite le Conseil des femmes autochtones du Nouveau-Brunswick et les autres groupes de femmes dans les collectivités des Premières Nations pour l’important travail qu’ils accomplissent.

J’espère que les gouvernements – celui des Premières Nations et le gouvernement canadien «autocédé» – intégreront un jour les groupes de femmes autochtones et leurs enjeux particuliers aux programmes, aux ententes et au financement accordé aux groupes autochtones clés.

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