L’apparence au troisième âge

«Ce désir d’une société homogène et sans âge aboutit nécessairement à la négation de la vieillesse conçue comme forcément pathologique. Les vieux doivent rester jeunes.»

«Notre Occident contemporain, à la différence de nombreuses autres cultures, n’est pas encore bienveillant à l’égard de la vieillesse. La vie humaine y est conçue comme une progression vers un apogée puis un déclin précédant la fin. Pour retarder la chute, il est donc suggéré de rester éternellement jeune.» (1)

Qu’on le veuille ou non, toute notre vie sera conditionnée sur l’apparence, tant dans la famille, au travail et bien évidemment sexuellement. La beauté est un outil de discrimination. Nous sommes naturellement attirés par le beau. Le beau est-il l’équivalent de ce qui est bon et bien? Alors que le laid nous répugne. Si l’apparence n’est pas de notre côté, dès le plus jeune âge un conditionnement social opère afin d’utiliser d’autres stratégies pour être accepté dans ce monde de l’image. La personne moins belle compensera par autre chose, souvent par l’intellect, le travail, la force économique, le talent, la gentillesse, etc.

À l’école du favoritisme
«À la maternelle déjà, les enfants beaux sont privilégiés. Les enseignants ont une meilleure opinion d’eux, leur accordent davantage d’attention, les évaluent plus chaleureusement. Cette bienveillance engendre une confiance chez l’enfant qui l’accompagnera toute sa vie.» (2) De même que lors de l’embauche, à compétences égales, les beaux sont privilégiés. Il en est de même pour l’obtention de promotions. Quand on NAÎT et EST beau, il semble que la vie soit plus favorable. Favorisés ou non par la nature, la génétique, l’environnement; nous sommes tous appelés à vieillir. 

Dégoût face au vieillissement corporel, pourquoi?
La jeunesse est incontestablement belle en général, des visages lisses, des yeux clairs, des corps fermes et droits, des cheveux brillants, qui rappellent une bonne santé et l’appel aux rencontres, à l’amour et à la reproduction. 

«À présent mon corps me dégoûtait, je le trouvais flasque sans attrait, je pinçais les replis du ventre, les amas de graisse, détaillais froidement l’affaissement des seins, les relâchements de la peau, l’état du délabrement me surprenait comme s’il était survenu crûment pendant une courte absence, comme si j’avais été aveugle au temps qui passe et ravage la carcasse la privant de verticale, la laissant s’alourdir se courber vers la terre, la tombe.» (3)

«Y a-t-il un âge précis où les femmes s’effacent du champ de vision des hommes? Où elles circulent comme voilées, corps honteux dérobés se glissant anonymes au milieu de l’essaim de chairs fraîches?» (4)

Tromper le temps
 L’être humain ne peut se nier à son apparence – votre corps est votre premier habitat – vous devez composer avec chaque jour. Il y a une pression sociale au corps parfait, à la jeunesse éternelle.
D’un côté, vous avez ceux qui veulent tromper.

On ne veut plus vieillir!
Rester jeune dans le cœur, la tête et le corps, pour sa beauté, sa vitalité, et ses possibilités sexuelles. L’apparence est ce qui nous séduit d’abord, ce qui provoque le désir sexuel. Une apparence, une image de soi qui ne lésine pas devant les besoins de se faire injecter des substances raffermissantes et des chirurgies qui vous plastifient un visage. Sans compter les crèmes magiques qui vous promettent en quelques minutes l’effet jeunesse tant désiré et désirable. Je ne suis pas contre le recours aux procédés esthétiques, mais il faut savoir les utiliser avec modestie. Quand c’est trop, non seulement la vieillesse semble s’éloigner, mais le visage aussi. Des visages qui semblent tristement paralysés pour tromper le temps.

De l’autre côté, il y a ceux qui résistent à cette pression sociale en accordant peu d’importance à l’apparence, tombant dans le laisser-aller corporel parfois. On constate que d’un côté comme de l’autre, il y a un mal-être à l’apparence, nuisible à l’image de soi et à l’estime de soi:

– dans l’apparence, il y a le désir de plaire;

– se plaire et plaire à l’autre;

– et le désir sexuel éveille le désir de plaire.

«On ne m’avait pas dressée à compter sur mon corps pour séduire.J’avais toujours fui les miroirs, les artifices et toutes ces frivolités censées attirer les hommes, mais qui constituent l’enjeu des rivalités féminines.

Je me suis surprise pour la première fois de ma vie à regarder secrètement les vitrines, à avoir envie de porter de jolies choses tellement plus féminines auraient dit mes amies plutôt que ces tenues informes.» (5)

Devant le corps vieillissant qui se transforme, l’esprit doit devenir indulgent.

Assumer son âge
Assumer son âge est un apprentissage qui passe par le travail sur soi et sur son image. Prenez soin de votre corps, aimez-le. Mettez l’accent sur ce que vous aimez le plus. Regardez-vous dans le miroir, non pas avec cynisme, mais avec indulgence et bonté. Habillez-vous en fonction de votre morphologie, ce qui vous avantage le plus. Surtout, ne vous plaignez pas de votre corps devant votre partenaire. Si votre partenaire ou un nouveau partenaire vous dit qu’il aime toucher votre peau, ne dites pas: «vois comme elle est plissée», appréciez plutôt. Plus une personne prend soin de son apparence en fonction de son âge, plus elle accepte le processus de vieillissement, plus elle resplendit de beauté.

Merci pour vos commentaires et suggestions, j’y donnerai suite pour de prochaines chroniques. Pour une consultation, me joindre par courriel ou au 260-1907.

Anne
Sexologue

• 1-http://www.centre-
mosaique.com/publications/35_sexualite_3eme_age.pdf – Dr Marc Ganem, président de la World Association of Sexology présenté à Rome 
• 2-Jean Maisonneuve et
M. Bruchon-Schweitzer, 1981  
• 3-4-5- Brigitte Haentjens –
Une femme comblée, 2012