La joie de la catéchèse

Si la catéchèse pour les enfants n’existait pas, il faudrait l’inventer! Parce que c’est elle qui rajeunit nos communautés. C’est elle qui nous garde dans l’émerveillement et la spontanéité des commencements de la foi. C’est aussi elle qui nous invite à entendre les paroles du Christ comme si c’était la première fois.

Tous les parents n’inscrivent pas leurs enfants à la catéchèse. Le nombre des inscrits tend même à diminuer dans certains milieux. Il n’en demeure pas moins qu’une grande majorité d’enfants sont inscrits à la catéchèse. lls sont d’ailleurs plus nombreux à prendre le chemin de l’église pour la catéchèse qu’à franchir la porte de l’aréna pour le hockey ou la porte du centre culturel pour la danse.

Pourtant, lorsqu’on remarque la baisse de la pratique religieuse et l’éloignement de plusieurs jeunes adultes face à certaines positions morales de l’Église, on peut se questionner sur les motifs pour inscrire son enfant à la catéchèse. Les résultats d’une enquête en France me semblent représentatifs de ce qu’on trouverait chez nous en termes de motivations. Il y a autant de raisons pour inscrire son enfant qu’il y a de parents.

Pourquoi inscrire son enfant?
Certains le font par conformisme social. Mais ils sont de moins en moins nombreux à entrer dans cette catégorie. D’autres le font parce qu’ils ont été touchés lors d’un événement religieux tels un pèlerinage, la célébration de funérailles, la messe de Minuit, les paroles d’un prêtre, etc. Sans pouvoir l’exprimer clairement, ils ont une intuition du cœur que c’est dans cette direction qu’il faut aller.

Ils sont nombreux à inscrire leurs enfants à la catéchèse parce qu’ils veulent assumer l’engagement pris au baptême d’éduquer leur enfant dans la foi. Ils espèrent ainsi que la catéchèse fournira des outils qui permettront à l’enfant de faire un choix à l’adolescence.

La variété des raisons qui motivent les parents à inscrire leurs enfants est un défi pour les communautés chrétiennes. Celles-ci doivent s’adapter aux demandes qui sont faites. Il n’est pas souhaitable de faire entrer tout le monde dans un unique moule puisqu’il y a diversité de profils d’enfants inscrits.

Or, alors que les ressources humaines et financières déclinent dans les paroisses, le défi est grand. Comment respecter chacun et vouloir répondre aux demandes différenciées? La tâche est trop grande pour reposer uniquement sur les épaules de la «madame de la catéchèse».

C’est alors que tous les membres d’une paroisse doivent se sentir interpellés par la catéchèse.

Tous responsables
Si certains acceptent des responsabilités accrues dans l’organisation concrète de la catéchèse, ils doivent être soutenus par toute la communauté chrétienne. On a souvent dit que les parents sont les premiers responsables de la catéchèse de leurs enfants. S’ils le sont, c’est en ordre d’apparition dans la vie de l’enfant. Faut-il rappeler que les premiers responsables de la catéchèse, ce sont les pasteurs (CT, no 63) et avec eux l’Église entière?

Cet adage voulant que les parents soient les premiers responsables de la catéchèse s’est développé en période de chrétienté alors que la foi se transmettait presque par osmose. Il est utopique de rendre les parents «premiers responsables» de l’éducation chrétienne. Les parents eux-mêmes s’avouent impuissants de transmettre un Évangile qu’ils ignorent.

Les parents ont davantage la responsabilité de l’éveil religieux et de l’initiation, ce qui n’est pas négligeable. À un moment donné, ils doivent pouvoir faire appel à une communauté qui s’est elle-même engagée au moment du baptême. C’est à la paroisse que revient le rôle de la présentation systématique et structurée de la foi. La catéchèse idéale se fait dans la communauté, par la communauté et pour toute la communauté.

Pour nos communautés, la catéchèse est à la fois une responsabilité et une chance inouïe. Elle fait émerger des communautés vivantes et permet d’espérer des lendemains prometteurs. À chacun de voir le coup d’pouce qu’il peut donner.

Encouragé des parents à inscrire leurs enfants à des activités qui contribuent à leur développement intégral. Les arts au service de la créativité et de l’imaginaire; les sports pour le développement physique; et la catéchèse pour la dimension spirituelle de la vie.

Rencontré des centaines d’enfants lors des messes de la rentrée. Je les ai invités à l’autel. Ils hésitaient à s’avancer… ils l’ont fait sur la pointe des pieds. Le Royaume est à l’image des enfants: il ne s’impose pas, mais lorsqu’il arrive, il apporte la joie.

Préparé l’assemblée dominicale en pensant aux enfants qui seront là. L’Évangile de ce dimanche nous invite à nous laisser déranger et transformer par eux: «Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille».

Lu les nombreux commentaires sur le phénomène de l’intimidation. Tous s’entendent pour dire que toute la communauté est responsable de contrer l’intimidation. C’est ensemble qu’on peut transmettre des valeurs de respect, de solidarité et d’accueil.

Incité des familles à participer aux activités dans la cadre de la semaine de sensibilisation contre l’intimidation scolaire qui commence demain.

Goûté à la joie de la catéchèse. Comme je voudrais transmettre cette joie aux parents, aux catéchètes et à toute la communauté. Cette joie vient d’un trésor qui s’enrichit lorsqu’il est partagé. Un trésor qui n’est pas nécessaire pour bien vivre, mais qui est si précieux et désirable… plus désirable qu’une masse d’or fin (Ps 19).