L’argent de la rondelle

 Au train où vont les négociations, l’année 2012 s’écoulera avant que les amateurs de hockey professionnel ne puissent assister ou regarder un match de leur équipe préférée. Pourtant, ce n’est pas parce que les affaires de la Ligue nationale de hockey vont mal. En fait, c’est plutôt le contraire.

La saison dernière la LNH a réalisé les revenus bruts les plus importants de son histoire : 3,3 milliards de dollars. Et c’est justement sur le partage de ces revenus que les propriétaires des clubs de hockey et les joueurs ne s’entendent pas.
Il fallait s’y attendre. L’attitude du petit roi Gary Bettman, le commissaire de la LNH, dès l’ouverture des discussions sur une nouvelle entente de convention collective n’a pas créé le climat propice à la signature d’une entente. Avant même l’ouverture des négociations, Bettman a fixé au 15 septembre la date butoir pour arriver à une entente, sinon les joueurs seraient en lockout.  Ils le sont depuis deux semaines.
En vertu de l’entente collective maintenant échue, les joueurs de hockey professionnels recevaient, en principe, 57% des revenus de la ligue, qui comprend non seulement les revenus d’assistance, mais aussi les concessions et les revenus publicitaires tirés des contrats de télédiffusion que la LNH a signé avec les réseaux.
Mais selon le directeur général de l’Association des joueurs de la Ligue nationale de hockey, Donald Fehr, ce sont plutôt 51% des revenus que reçoivent les joueurs, étant donné les déductions des dépenses réliées aux revenus que se sont accordé les propriétaires.  Parmi ces derniers, comme à Toronto, ils profitent non seulement des revenus du hockey professionnel, mais aussi ceux de la Ligue nationale de basketball. La formule pour départager les revenus du hockey de ceux du basketball n’est pas arrêtée et elle reste litigieuse.
Gary Bettman ne veut pas redéfinir la nature des revenus liés au hockey. Il voudrait que la définition de ces revenus demeure la même, mais en abaissant le pourcentage à partager avec les joueurs. Pour la forme, Bettman avait mis sur la table de négociations quelques modifications mineures, en signe de concessions aux demandes de l’Association des joueurs, à la condition que l’entente soit signée avant la date butoir du 15 septembre. Le 13 septembre, l’offre déposée par Bettman, au nom des propriétaires, ne comprenait plus la concession accordée deux semaines plus tôt.
Quoi qu’il en soit, la semaine dernière plusieurs joueurs de la ligue nationale ont signé des contrats avec des équipes européennes, et ils sont déjà actifs sur les patinoires européennes pendant que les négociations entre les joueurs et les propriétaires restent au point mort.
La LNH et les joueurs sont engagés dans une guerre d’usure. Il reste qu’en attendant on peut se tourner vers le hockey junior, le hockey universitaire, le football canadien et américain, et les séries du baseball majeur qui commenceront bientôt.
En ce qui me concerne, j’appuie les joueurs. Et vous?